PROC · TE · CONDITIONNEMENT
Conditionnement Chaudière — Tableau de Conduite
Conditionnement : phosphate TSP · réducteur O₂ · amines
Synoptique L'Interval — eau · vapeur · turbine
01 Pourquoi traiter l'eau ? Protéger la chaudière et la turbine, garantir la disponibilité, la sécurité et le rendement.

Une eau brute contient sels, gaz dissous et impuretés qui, sous pression et haute température, attaquent le métal et se déposent. Sans conditionnement : entartrage (perte de rendement, surchauffe et éclatement de tube), corrosion (percements, produits de corrosion transportés), et primage (entraînement d'eau salée vers la turbine → dépôts et érosion des aubages). Le traitement d'eau protège donc à la fois l'installation, la sécurité et la garantie constructeur. Il se joue en deux temps : un prétraitement qui produit une eau pure, puis un conditionnement chimique qui maîtrise ce qui reste, le tout piloté par des analyses.

À quoi servent les traitements

Déminéralisation
Retire les sels dissous (dureté, silice, chlorures) en amont. C'est le prétraitement : produire une eau d'appoint la plus pure possible.
Dégazage thermique
La bâche/dégazeur chauffe l'eau pour chasser l'O₂ et le CO₂ dissous — la première défense contre la corrosion, avant même la chimie.
Conditionnement phosphate
Précipite la dureté résiduelle en boue non adhérente et forme un film protecteur : évite le tartre dur sur les surfaces de chauffe.
Réducteur d'oxygène
Capte l'O₂ résiduel que le dégazeur n'a pas éliminé et passive l'acier : bloque la corrosion par piqûres.
Amines volatiles
Neutralisent l'acide carbonique dans les condensats et remontent le pH du réseau de retour, souvent le plus corrodé.
Déconcentration (Gestra)
Évacue en continu l'excès de sels pour tenir la conductivité sous la limite : évite le primage tout en limitant les pertes d'énergie.

À quoi servent les analyses

pH
Vérifie l'alcalinité protectrice. Trop bas = corrosion acide ; trop haut = fragilisation caustique et primage.
TH (dureté)
Détecte toute dureté résiduelle = risque de tartre immédiat. Doit rester à 0 °f : sentinelle du prétraitement.
TAC
Mesure la réserve alcaline. Trop haut → moussage et entraînement vapeur ; guide les purges.
Phosphates PO₄
Contrôle qu'il reste assez de phosphatant pour capter la dureté et protéger le métal.
Réducteur (DEHA)
Confirme qu'il reste une réserve pour capter tout l'O₂ entrant. Piloté sur la protection anti-corrosion.
Conductivité
Image de la concentration totale en sels. C'est la grandeur réglée par la déconcentration Gestra.
Silice
Volatile sous pression, elle file vers la turbine et forme des dépôts durs. Surveillance critique côté vapeur.
Na / Fe / Cu (vapeur)
Marqueurs de primage (Na) et de corrosion du circuit (Fe, Cu). Garantissent une vapeur propre pour la turbine.
02 Valeurs cibles à maintenir Saisis une mesure : le voyant passe vert / orange / rouge et l'action correctrice s'affiche. Clique une carte pour la fiche complète.
03 Calcul de la déconcentration « Gestra » Déconcentration continue régulée par conductivité : électrode → régulateur → vanne modulante maintient la consigne conductivité.

Données de marche

µS/cm
µS/cm
t/h

Résultats

FACTEUR N
25
cycles
TAUX τ
4.0
% eau alim
PURGE P
0.83
t/h
Ballon sels se concentrent Électrode conductivité Régulateur consigne cond. Vanne purge déconcentration continue → maintient la consigne conductivité
04 Régulation en action Lance la séquence : la conductivité monte, la vanne Gestra s'ouvre pour déconcentrer, puis on injecte pour remonter le pH dans la plage.
Ballon chaudière Conductivité consigne 180 µS/cm pH 10–11 9.4 Injection TSP Vanne Gestra FERMÉE purge Prêt — appuie sur Lancer
1 · Concentration 2 · Ouverture Gestra 3 · Remontée pH 4 · Nominal
La déconcentration agit sur les sels (conductivité). Le pH, lui, ne se règle pas par la purge : on le remonte en injectant les produits alcalinisants (phosphate TSP, réducteur O₂ en chaudière ; amines côté condensats). Un pH tenu à 10–11 bloque la réaction cathodique et protège l'acier.
05 Circuit de conditionnement Appoint → déminé → bâche → économiseur → chaudière → surchauffeur → turbine → condenseur → retour condensats. 3 points d'injection.
Eau d'appoint Déminé prétraitement Bâche alim. dégazeur thermique DEHA · O₂ · pH pompe alim Éco- nomiseur Chau- dière ballon PO₄·pH cond. surchauffeur Turbine vapeur perdue Conden- seur retour condensats purge / déconcentration Réducteur O₂ 2630P110 A/B/C Amines 1672TV02 → neutralisation condensats Phosphate TSP 2630P110 A/B/C
eau d'appoint / déminé eau alimentaire / condensats vapeur / surchauffe purge / déconcentration injection produits

Fiches — produits & ateliers

ATELIERDéminéralisation
Ce qui se passe L'eau d'appoint traverse les résines échangeuses : les sels dissous (Ca, Mg, silice, chlorures) sont retenus, il ne sort qu'une eau quasi pure.
Pourquoi Empêcher l'entrée de dureté et de silice dans le circuit — la meilleure façon d'éviter tartre et dépôts, c'est de ne pas les faire entrer.
Valeurs visées TH ≈ 0 °f · conductivité de l'eau produite très basse · silice minimale.
ATELIERDégazeur / bâche alim.
Ce qui se passe L'eau est portée près de l'ébullition : la solubilité des gaz chute, l'O₂ et le CO₂ dissous sont chassés vers l'atmosphère.
Pourquoi Éliminer physiquement l'oxygène avant la chimie : c'est la première barrière anti-corrosion, elle allège le dosage de réducteur.
Valeurs visées pH bâche 8,5–9,5 · O₂ résiduel très faible · silice ≤ 0,02 mg/l.
PRODUITRéducteur d'oxygène (DEHA) · 2630P110 A/B/C
Ce qui se passe Injecté en bâche, il réagit avec l'O₂ résiduel et passive la surface de l'acier d'un film protecteur.
Pourquoi Capter l'oxygène que le dégazeur laisse passer : sans lui, corrosion par piqûres. Volatil et stable jusqu'à 550 °C, il protège tout le circuit.
Valeurs visées DEHA chaudière 0,05–0,2 mg/l · réserve en bâche ≤ 50 mg/l.
PRODUITAmines · 1672TV02
Ce qui se passe Injectées côté condensats/vapeur, elles se répartissent dans le réseau et neutralisent l'acide carbonique.
Pourquoi Le CO₂ redissous acidifie les condensats et corrode les retours (souvent les plus attaqués). Les amines remontent le pH là où on ne dose pas directement.
Valeurs visées pH condensats/bâche 8,5–9,5 selon l'amine choisie (coefficient de partage, basicité).
PRODUITPhosphate trisodique (TSP) · 2630P110 A/B/C
Ce qui se passe Injecté en chaudière, le phosphate précipite la dureté résiduelle en boue non adhérente et forme un phosphate de fer protecteur ; il tient aussi le pH.
Pourquoi Transformer un éventuel tartre dur et isolant en boue évacuable par les purges, et maintenir l'alcalinité protectrice.
Valeurs visées PO₄ 10–15 mg/l · pH chaudière 10–11 · TAC 2–5 °f.
ATELIERChaudière / déconcentration
Ce qui se passe La vapeur part pure, les sels se concentrent dans le ballon. La vanne Gestra évacue en continu l'excès pour tenir la conductivité ; les chasses de fond évacuent les boues.
Pourquoi Éviter le primage (entraînement d'eau salée vers la turbine) tout en limitant les pertes d'énergie de la purge.
Valeurs visées conductivité < 250 µS/cm · Cl⁻ ≈ 0 · silice basse.
06 Corrosion par l'oxygène — piqûre L'O₂ oxyde Fe(OH)₂ en Fe(OH)₃ poreux : le dépôt laisse passer les ions, la corrosion progresse en profondeur. Parade : réducteur d'O₂ + pH élevé.
Eau / vapeur Acier (paroi) O₂ dissous (oxydant) Dépôt poreux Fe(OH)₃ Anode : Fe → Fe²⁺ + 2e⁻ Cathode : O₂ réduit → OH⁻ Piqûre = corrosion profonde
07 Additifs & entartrage Réducteurs d'oxygène comparés et impact thermique du tartre.

Réducteurs d'oxygène

ProduitAvantageLimiteStab. therm.
Tannatespeu cher, film protecteurnon volatil, colore l'eau
Sulfitespeu cher, non dangereux↑ conductivité> 270 °C
Hydrazinepassivantcancérigène> 204 °C
DEHA (réducteur O₂)non toxique, volatil, passivecoût550 °C
Au-delà de l'O₂ : pH élevé (bloque la cathode) et amines volatiles contre l'acide carbonique des condensats.

Tartre — conductibilité thermique

Cuivre300
Acier50
Tartre moyen2
Tartre silicaté0.5
Une fine couche de tartre isole : surconsommation combustible, surchauffe de paroi → risque d'éclatement de tube. Parade : TH = 0 °f, phosphate TSP, surveillance SiO₂/TAC.