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Formation conduite · Électrotechnique

L'alternateur & le PMG

Comprendre comment la turbine vapeur devient des mégawatts, comment le PMG « auto-alimente » l'excitation, et comment on règle le cos φ pour produire — ou pas — du réactif.

Turbo-alternateur Excitation brushless PMG cos φ / MVAr
01

Notre machine — turbo-alternateur WEG ST41

La formation s'appuie sur ta machine réelle : un turbo-alternateur WEG de la ligne ST41 (montage horizontal). C'est une machine synchrone triphasée à excitation brushless avec PMG — exactement le schéma décortiqué dans cette formation.

PlaqueValeurCe que ça veut dire
ConstructeurWEG · ligne ST41Turbo-alternateur horizontal, machine synchrone.
Puissance26 289 kVAPuissance apparente S ≈ 26,3 MVA (dimensionne la machine et les câbles).
Tension stator11 000 VTension de sortie triphasée (11 kV).
cos φ0,8Facteur de puissance nominal → P active ≈ 21 MW.
Courant nominal≈ 1380 ACalculé : I = S / (√3 × U) = 26 289 / (1,732 × 11).
Phases3 ~Triphasé.
Pôles4 pôlesAvec 1500 tr/min, donne du 50 Hz.
Vitesse1500 tr/minVitesse de synchronisme, tenue par le réseau une fois couplé.
Fréquence50 HzDéduite : f = (pôles/2) × (tr·min⁻¹ ÷ 60) = 2 × 25.
Excitationbrushless + PMGSans balais ; le PMG alimente l'AVR (détaillé plus loin).
ProtectionIP 54Protégé contre les poussières et les projections d'eau.

Ce que disent ces chiffres

Les 26 289 kVA sont la puissance apparente (S). Avec le cos φ de plaque (0,8), la puissance active utile vaut P = S × cos φ ≈ 21 MW. Sous 11 kV, le courant nominal est I = S / (√3 × U) = 26 289 / (1,732 × 11) ≈ 1380 A. Côté excitation, le rotor est alimenté à 376 V / 290,4 A (≈ 109 kW), piloté par un courant de commande de 46,2 V / 5,8 A.

En bref — comment marche ton alternateur. La turbine fait tourner le rotor à 1500 tr/min ; le champ magnétique du rotor induit une tension triphasée dans le stator → jusqu'à ~26 MVA vers le réseau. La vapeur règle les MW (actif) ; l'excitation (PMG → AVR → excitatrice → diodes tournantes → rotor) règle les MVAr (réactif) et la tension. Toute la suite détaille ces deux chaînes.

Sources : plaque signalétique de la machine + manuel WEG « Turbogenerators ST41 Line ». Les valeurs propres à ton unité priment sur les exemples ci-dessus.

02

De la vapeur au réseau

L'alternateur est une machine synchrone. La turbine vapeur lui fournit un couple mécanique ; l'alternateur transforme ce couple en puissance électrique. Trois choses se passent en même temps sur le même arbre :

Vapeur HP Turbine arbre G Alternateur 3~ 3~ · MW Transfo Réseau
Vapeur (couple) Champ magnétique rotor Puissance active (MW)
Le principe à garder en tête. Une fois l'alternateur couplé au réseau, deux commandes agissent indépendamment l'une de l'autre : la vanne vapeur dose la puissance active — les MW réellement fournis —, tandis que l'excitation dose la puissance réactive — les MVAr — et fixe donc le cos φ. Deux réglages indépendants — le régulateur de vitesse-charge côté vapeur (l'actif), l'AVR côté excitation (le réactif) — : c'est le fil conducteur de toute la formation.
03

Le PMG : l'excitatrice qui s'auto-alimente

PMG = Permanent Magnet Generator, générateur à aimants permanents. C'est une petite génératrice pilote montée sur le même arbre que l'alternateur. Son rôle n'est pas de produire les MW du réseau, mais d'alimenter le système d'excitation : d'abord l'AVR (le régulateur de tension), qui commande ensuite, de proche en proche, l'excitatrice puis — via les diodes tournantes — le champ du rotor principal.

Son alimentation ? Aucune.

C'est le point clé, et souvent le plus contre-intuitif : le PMG n'a pas d'alimentation électrique. Son rotor porte des aimants permanents. Dès que l'arbre tourne, les aimants défilent devant le bobinage fixe (le stator du PMG) et y induisent une tension alternative.

Son seul « carburant » = la rotation mécanique de l'arbre. Pas de batterie, pas de source extérieure à maintenir.

Pourquoi c'est malin

Comme le PMG produit son énergie indépendamment de la tension de l'alternateur :

• Pas besoin de flashing externe (batterie de premier amorçage) : ça s'excite tout seul dès la montée en vitesse.

• En cas de creux de tension réseau (court-circuit, défaut), l'excitation reste alimentée. La machine peut « tenir » et soutenir le réseau au lieu de s'effondrer.

Principe du PMG — coupe transversale N S rotation rotor · aimants permanents (2 pôles N / S) stator bobiné (fixe) tension induite AVR régul. excitation Aucune alimentation externe — l'énergie provient uniquement de la rotation de l'arbre.

Les vraies valeurs de ton excitation (WEG ST41)

Voici la chaîne complète chiffrée, relevée sur les plaques de ta machine. Le PMG fournit une tension alternative de 145 V à 150 Hz — c'est la tension induite qui alimente l'AVR. L'AVR la redresse et n'envoie qu'un petit courant de commande au champ de l'excitatrice ; l'excitatrice, entraînée par l'arbre, fabrique la vraie puissance, redressée par les diodes tournantes vers le rotor.

Quand la charge augmente, les courants d'excitation augmentent vers leur valeur maximale PMGexcitatrice auxiliaire145 V ~ · 150 Hz4,8 A · 1,2 kVA · 12 p.AVRrectifie + règleExcitatrice150,6 kVA · 100 Hz · 8 p.champ : 46,2 V · 5,8 A≈ 268 W · commandeRotor principalchamp (sortie diodes)376 V DC · 290,4 A≈ 109 kW · excitationStator→ réseau26 289 kVA11 kV · 50 Hz AC F1/F2 6 diodes
Quand la charge de la turbine augmente. La turbine fait monter les MW → le courant débité par le stator augmente. Pour tenir la tension, l'AVR renforce l'excitation : le courant de commande monte (côté 5,8 A), donc le courant à travers les diodes et dans le rotor monte aussi (côté 290,4 A). Les valeurs de plaque (46,2 V / 5,8 A et 376 V / 290,4 A) sont celles à pleine charge ; à charge partielle elles sont plus faibles. Bref : c'est surtout le courant d'excitation qui augmente.
L'amplificateur. ≈ 268 W de commande (46,2 V × 5,8 A) pilotent ≈ 109 kW d'excitation (376 V × 290,4 A) : un gain d'environ ×400, le supplément étant pris sur l'arbre par l'excitatrice. Et ces 109 kW ≈ 0,4 % seulement des 26 MVA débités.

Atelier — fais varier la charge

Déplace la charge de la machine : regarde ce qui monte dans la chaîne d'excitation… et ce qui ne bouge pas.

Charge de la machine100 %
0 · à vide100 · pleine charge (plaque)
PMG · constant
145 V
150 Hz · 4,8 A
Commande F1/F2
5,8 A
46,2 V DC
Excitation rotor
290,4 A
376 V DC
Puissance excit.
109 kW
V × I
Ce qui ne change pas : le PMG (145 V / 150 Hz) ne dépend que de la vitesse (1500 tr/min), pas de la charge. Ce qui monte avec la charge : le courant de commande (F1/F2) et le courant d'excitation du rotor à travers les diodes, jusqu'aux valeurs de plaque à pleine charge. Modèle indicatif (enroulement résistif, V ∝ I) ; le point 100 % correspond exactement à tes plaques.
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La chaîne d'excitation « brushless »

« Brushless » = sans balais ni bagues. On évite les charbons qui s'usent en faisant transiter le courant d'excitation par induction magnétique, puis en le redressant par des diodes qui tournent avec l'arbre. Voici le trajet complet, du PMG jusqu'au bobinage du rotor principal :

⟵ partie tournante (le même arbre) ⟶ PMG aimants perm. AC ↓ AVR régul. + redresseur partie FIXE — pilote le courant Champ excitatrice stator · DC réglé induit excitatrice 3~ diodes ↻ DC rotor alternateur
Sortie PMG (AC) Champ / induit excitatrice Diodes tournantes DC vers le rotor

Vue en coupe : la machine réelle

Le schéma ci-dessus est « déplié » pour la logique. Voici maintenant la même chaîne sur la machine physique : tout est sur le même arbre, la sortie d'arbre et le ventilateur d'un côté, l'excitatrice et le PMG de l'autre. L'AVR est le seul organe fixe qui « pilote » l'ensemble.

arbre ventilateur palier Stator principal Rotor principal palier Redresseur tournant diodes (↻ arbre) Excitatrice stator + rotor PMG aimants perm. AVR régulateur de tension PMG → AVR X+ (F1) XX− (F2) mesure tension stator (2/3~) 145 V~ · 150 Hz 46,2 V DC · 5,8 A 376 V 290,4 A 11 kV · 26 289 kVA
Vert : PMG → AVR (alimentation) Rouge X+ (F1) / gris XX− (F2) : commande vers le champ excitatrice Cyan : induit → redresseur → rotor principal Bleu pointillé : mesure tension stator → AVR
La boucle de régulation. L'AVR lit en permanence la tension aux bornes du stator principal (fil bleu, 2 ou 3 phases) et ajuste le courant qu'il envoie au champ de l'excitatrice par F1 (+) et F2 (−) (fils rouge/gris). Plus il pousse sur F1/F2, plus l'excitatrice débite, plus le rotor principal est magnétisé — donc plus la tension monte. Le PMG (vert) ne sert qu'à alimenter cet AVR, indépendamment du réseau.

La régulation en boucle fermée

Pour bien comprendre : l'AVR fonctionne comme un régulateur de vitesse de voiture. On lui donne une consigne (la tension voulue), il mesure en permanence la tension réelle et corrige tout seul l'excitation pour coller à la cible.

Consigne U tension visée + − écart AVR corrige F1 / F2 Excitation F1/F2 → excitatrice→ diodes → rotor Tension stator sortie réelle mesure de la tension (retour) — boucle fermée
Exemple concret. La charge augmente → la tension tend à baisser → l'AVR voit l'écart → il pousse sur F1/F2 → l'excitatrice débite plus → le rotor est plus magnétisé → la tension remonte. Le tout en continu, en une fraction de seconde. Si la tension monte trop, il fait l'inverse.

Le trajet, étape par étape

#ÉlémentCe qui s'y passe
1PMGLes aimants tournants induisent un courant alternatif dans le stator du PMG. Source d'énergie 100 % mécanique.
2AVRLe régulateur automatique de tension redresse et surtout dose ce courant. C'est ici qu'on agit sur l'excitation.
3Champ excitatriceLe courant réglé alimente le bobinage fixe (stator) de l'excitatrice principale.
4Induit excitatriceMachine « inversée » : l'induit 3~ tourne avec l'arbre et récupère l'énergie par induction.
5Diodes tournantesUn pont de diodes monté sur l'arbre redresse en continu → plus de bagues ni balais.
6Rotor alternateurLe DC crée le champ magnétique du rotor. En tournant, ce champ induit la tension dans le stator → sortie 3~ vers le réseau.
Sur ta machine (WEG ST41). L'excitatrice principale a son champ au stator (courant continu dosé par l'AVR via F1 / F2) et son induit au rotor (triphasé). L'excitatrice auxiliaire, c'est le PMG. Le redresseur tournant est un pont à 6 diodes (redressement triphasé double alternance) monté sur l'arbre : il transforme l'AC de l'induit en DC pour le rotor. Des varistances protègent ces diodes contre les surtensions. Une diode ne laisse passer le courant que d'anode vers cathode. La dé-excitation se fait par un circuit de roue libre au niveau du régulateur.

Tensions, courants, puissances : les ordres de grandeur

« Il faut bien de la puissance pour exciter l'alternateur — d'où vient-elle ? » C'est la bonne question. Réponse : l'AVR ne pousse pas toute la puissance vers le rotor. Il dose seulement un petit courant de commande ; c'est l'excitatrice, entraînée par l'arbre, qui fabrique la vraie puissance d'excitation. Deux niveaux, donc :

1 · PMG (excitatrice aux.)
145 V ~
150 Hz · 4,8 A · 12 p.
1,2 kVA
2 · Sortie AVR → champ excitatrice
46,2 V DC
5,8 A · commande
≈ 268 W
3 · Diodes tournantes → rotor
376 V DC
290,4 A · excitation
≈ 109 kW
4 · Stator → réseau
HT · 3~
le débit utile
26 289 kVA
≈ 268 W → ≈ 109 kW  (×~400)
L'excitatrice amplifie la commande de l'AVR. Le gros de la puissance est prélevé sur l'arbre, pas sur l'AVR.
≈ 0,4 % de la machine
Les ~109 kW d'excitation ne représentent qu'une infime fraction des 26 289 kVA débités : le champ « oriente » une puissance énorme avec très peu.
Puissance de la machine26 MVA
1 MVA30 MVA
Excitation rotor
≈ 104 kW
Commande (sortie AVR)
≈ 0,26 kW
PMG à prévoir
≈ 1,2 kVA
Estimations pédagogiques — ratios types : excitation ≈ 0,4 % de S · commande ≈ excitation / 400 · PMG ≈ 4–5 × commande. Réglé ici sur ta machine (26 MVA). Les vraies valeurs figurent sur la plaque signalétique et la doc constructeur.
À retenir. Le PMG alimente l'AVR sans dépendre du réseau. L'AVR ne fournit qu'un courant de commande (≈ 268 W). La vraie puissance d'excitation (≈ 109 kW) est produite par l'excitatrice sur l'arbre puis redressée par les diodes tournantes. Donc, indirectement, c'est la turbine qui paie l'excitation — juste une toute petite part de sa puissance.
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Comment l'alternateur réagit à la charge turbine

Une fois couplé au réseau, l'alternateur tourne à la vitesse imposée par la fréquence du réseau (50 Hz). Il ne peut pas accélérer tout seul. Alors quand on ouvre la vapeur, que se passe-t-il ?

Vanne vapeur ↑

Plus de couple → plus de MW

Le surcroît de vapeur pousse plus fort sur les aubes. Comme la vitesse est bloquée par le réseau, ce couple supplémentaire ne se transforme pas en vitesse mais en puissance active injectée.

↑ vapeur ⇒ ↑ P (MW)
Angle de charge δ

Le rotor prend de l'avance

Plus on charge, plus le champ du rotor prend un léger angle d'avance (δ) sur le champ du réseau. C'est cet angle qui « transmet » la puissance. Trop d'angle = risque de décrochage.

↑ P ⇒ ↑ angle δ
À la baisse, c'est l'inverse. Si la turbine reçoit moins de vapeur (par ex. réduction de charge des fours, incident chaudière), la puissance active chute. Attention à ne jamais passer sous le seuil où l'alternateur se mettrait à consommer de la puissance depuis le réseau (fonctionnement en moteur / retour de puissance) — c'est une protection qui déclenche.

La fréquence, elle, reste à 50 Hz tant qu'on est couplé : c'est le réseau qui « tient » la vitesse. Le régulateur de vitesse-charge ne sert alors plus à régler la vitesse mais à répartir la charge active.

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cos φ, puissance réactive, triangle des puissances

Un alternateur ne débite pas que des watts « utiles ». Il gère trois puissances liées par un triangle rectangle :

P — active (MW)
Le travail réel : elle fait tourner les moteurs, chauffe, éclaire. Fixée par la vapeur.

Q — réactive (MVAr)
Elle ne « travaille » pas mais magnétise le réseau (transfos, moteurs). Fixée par l'excitation.

S — apparente (MVA)
La combinaison des deux : S = √(P² + Q²). C'est elle qui dimensionne la machine et les câbles.

cos φ = P / S = la part utile de ce que débite la machine.

P (MW) Q MVAr S (MVA) φ
Le lien magique. Plus l'angle φ est petit, plus cos φ approche de 1, et plus Q est faible.
cos φ = 1 → machine « à plat », zéro réactif. cos φ = 0,8 → il y a une bonne dose de réactif à côté des watts.
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Pupitre : règle la machine toi-même

Deux molettes, comme en salle de commande. La vanne vapeur monte les MW. L'excitation décide si la machine produit, absorbe ou ne fait rien côté réactif. Regarde le triangle et le cos φ bouger en direct.

Réglage de l'alternateur

Admission vapeur — charge turbine60 %
0 · turbine à vide100 · pleine charge
Excitation — courant rotorsur-excité
sous-exciténeutresur-excité
P active
7.2
MW
Q réactif
+4.0
MVAr
S apparent
8.2
MVA
cos φ
0.88
arrière
P→ Q produit ↑ Q absorbé ↓
sur-excité produit du réactif
Effet sur la tension réseau
↑ soutient la tension du réseau
Joue avec. Mets l'excitation au milieu (neutre) : Q tombe à 0, cos φ = 1, la machine ne fait que de l'actif. Monte l'excitation : elle produit du réactif et soutient la tension. Descends-la : elle en absorbe — utile quand le réseau est trop « tendu ». Pousse P et Q ensemble et tu verras la limite de la machine (S max) s'allumer.
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Produire du réactif… ou pas

C'est l'excitation, via l'AVR alimenté par le PMG, qui décide. Trois régimes :

RégimeExcitationRéactif Qcos φEffet réseau
Sur-excité fort (rotor bien magnétisé) produit (Q > 0) « arrière » / inductif soutient / remonte la tension
Neutre ajustée nul (Q ≈ 0) = 1 que de l'actif, tension neutre
Sous-excité faible absorbe (Q < 0) « avant » / capacitif fait baisser la tension
Deux limites à ne pas oublier. En sur-excitation, on est borné par l'échauffement du rotor (courant d'excitation maxi). En sous-excitation, on est borné par la stabilité (limite de sous-excitation / risque de décrochage). Entre les deux, c'est le diagramme de capabilité de l'alternateur qui définit le domaine autorisé — ce que simule la limite « S max » du pupitre.

En pratique, sur une UVE cogénération, la consigne de réactif (ou de cos φ, ou de tension) est souvent demandée par le gestionnaire de réseau ou fixée par le contrat de raccordement. L'AVR tient alors automatiquement la consigne ; l'exploitant surveille surtout qu'on reste dans le domaine autorisé.

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Générateur Homopolaire & GTA

Fiche exploitation : à quoi sert le générateur homopolaire, et pourquoi il faut l'ouvrir dès qu'on couple le GTA.

1 · Pourquoi un « générateur homopolaire » ?

Sur un site autonome / de cogénération, le jeu de barres HTA (5,5 à 20 kV) est alimenté soit par le réseau (transfo de soutirage), soit par le Groupe Turbo-Alternateur (GTA).

Le problème à l'arrêt du GTA : le secondaire du transfo amont est très souvent couplé en triangle (Δ) ou son neutre n'est pas distribué → le réseau HTA se retrouve à neutre isolé.

Le rôle du générateur homopolaire : c'est un transformateur de création de neutre (couplé en zigzag, ou étoile-triangle avec résistance de neutre) raccordé au jeu de barres. Il sert à fixer la référence de potentiel par rapport à la terre, limiter les surtensions transitoires en cas de défaut d'isolement, et calibrer le courant de défaut phase-terre pour faire agir les protections homopolaires (ANSI 51N / 50N).

Réseau (soutirage) Δ · neutre isolé Jeu de barres HTA · 20 kV verrouillage mécanique (un seul DJ fermé) DJ GH Gén. homopolaire R DJ GTA alternateur (GTA) R point neutre défaut ⚡
GTA arrêté → réseau HTA mis à la terre par le générateur homopolaire · DJ GH fermé.

2 · Pourquoi l'ouvrir impérativement au couplage du GTA ?

L'alternateur du GTA a son propre point neutre mis à la terre (résistance de point neutre statorique). Si les deux restaient fermés, deux neutres seraient reliés à la terre sur le même jeu de barres :

ConséquenceMécanisme physique & risque exploitation
Doublement du courant de défautLes deux résistances de neutre se retrouvent en parallèle (Réq = R₁ ∥ R₂). Le courant de court-circuit à la terre double → risque d'endommager les tôles magnétiques du stator de l'alternateur.
Circulation d'harmonique 3Les alternateurs produisent naturellement de l'harmonique 3 (composante purement homopolaire). Relier deux neutres ferme une boucle de terre : un courant H3 permanent circule → échauffements anormaux et déclenchements intempestifs.
Perte de sélectivitéLe courant de défaut se divise entre les deux points de fuite. Les protections homopolaires ne mesurent plus la valeur nominale attendue → le déclenchement sélectif du départ en défaut peut ne pas se faire.

3 · Automatisme & verrouillage

Règle d'or : un seul point de neutre à la terre à la fois sur le jeu de barres. Le basculement est géré par automatisme et sécurisé par verrouillage.

Automatisme de basculement

Au couplage du GTA : synchronisation et fermeture du DJ GTA, puis ordre immédiat d'ouverture du DJ GH (bref chevauchement de quelques centaines de ms, ou séquence « ouverture avant fermeture » selon la logique du site).

Au découplage / déclenchement du GTA : ouverture du DJ GTA, puis réenclenchement instantané et automatique du DJ GH → le jeu de barres ne reste jamais à neutre flottant.

Verrouillages de sécurité

Verrouillage électrique (contrôle-commande) : contact auxiliaire NF du DJ GTA inséré dans la ligne d'enclenchement du GH ; interdiction d'ordre de fermeture permanent croisé entre les deux organes.

Relais à minimum de tension : si le GTA déclenche en urgence sur défaut électrique, l'automatisme renvoie immédiatement l'ordre de fermeture sur le GH pour rétablir la protection terre des départs auxiliaires alimentés par le secours / réseau.

Points clés exploitant.
• GTA arrêté → générateur homopolaire fermé (le réseau HTA est protégé à la terre).
• GTA couplé → générateur homopolaire ouvert (l'alternateur assure seul la mise à la terre).
• Deux neutres simultanés = danger : échauffements par harmonique 3, courant de défaut trop fort pour le stator, protections faussées.
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Mémo & auto-évaluation

Réglage n°1 · régul. vitesse-charge

Vapeur → Actif

↑ vanne vapeur = ↑ MW (P)

Réglage n°2 · AVR

Excitation → Réactif

↑ excitation = ↑ MVAr (Q)

Et le PMG dans tout ça ? Il n'agit sur rien tout seul : il alimente simplement l'AVR sans dépendre d'aucune source extérieure. C'est l'énergie fiable qui permet à l'excitation de fonctionner — même quand le réseau vacille.

3 questions rapides

1. Qu'est-ce qui alimente électriquement le PMG ?

Le PMG n'a pas d'alimentation : ses aimants permanents induisent le courant dès que l'arbre tourne. C'est ce qui rend l'excitation autonome.

2. Je veux augmenter la puissance active (les MW). Sur quoi j'agis ?

L'actif suit le couple mécanique : c'est la vapeur. L'excitation, elle, agit sur le réactif et la tension, pas sur les MW.

3. La machine est sur-excitée. Que fait-elle côté réactif ?

Sur-excité = rotor fortement magnétisé = production de MVAr, cos φ « arrière », soutien de la tension réseau.