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Formation conduite · Eau-vapeur

Poste d'eau & production vapeur

Dégazeur, bâche alimentaire, pompes et NPSH, ballon chaudière, régulation trois éléments et désurchauffe — de l'eau déminée à la vapeur surchauffée.

Poste d'eau & production de vapeur

Du retour des condensats à la vapeur surchauffée livrée au GTA. Clique sur un équipement du synoptique pour le détail. bleu = condensats · cyan = eau alimentaire · crème = vapeur saturée · rouge = vapeur surchauffée · orange = purges · violet = réactifs.

Condenseur & aéroréfrigérant retour condensats ↓ Bâche à condensats 2660D500 Reprise Conditionnement PO₄ / DEHA / amine dosage continu Appoint eau déminéralisée 2610P520 Évent O₂ + CO₂ ↑ Vapeur de barbotage Colonne dégazante Bâche alimentaire dégazeur ~105 °C 2630J010A mini-débit Pompes alim. 2630P110 A/B/C CHAUDIÈRE Ballon chaudière niveau ±0 mm Écrans vaporisateurs Économiseur déconcentration purge de fond SH 1 basse T Désurch. 2630XV512 SH 2 haute T Eau désurch. 2630P210 A/B/C Vapeur HP → GTA ≈ 400 °C Déconcentration continue — Gestra P = V·Ca/(Cb−Ca) Ballon d'éclatement purges chaudières 2660D750 La vanne Gestra prélève en continu au ballon l'eau la plus concentrée en sels : c'est ce qui tient la conductivité sous consigne et évite le primage. Débit et enthalpie chiffrés dans le calculateur 3 plus bas. POSTE D'EAU — retour condensats → dégazage → alimentation → vaporisation → surchauffe Le condenseur, l'aéroréfrigérant et la mise sous vide sont détaillés dans l'onglet « Condensation & vide ».
Sélectionne un équipement

Chaque bloc du synoptique donne son rôle, ses points de conduite et les dérives à surveiller en quart.

Le dégazeur & la bâche alimentaire 2630J010A

La première protection du circuit eau-vapeur : elle est physique, pas chimique.

L'oxygène dissous est l'ennemi n° 1 du poste d'eau. À 1 µg/L près, ce n'est pas une histoire de chimie fine : c'est la différence entre un économiseur qui tient trente ans et un économiseur percé par piqûres en quelques campagnes. Le dégazeur exploite une seule loi : la solubilité d'un gaz dans l'eau tend vers zéro quand l'eau approche de sa température de saturation. On ne « chasse » pas l'oxygène avec un produit, on le fait sortir en portant l'eau à ébullition.
à saturation : pO₂ → 0  ⇒  CO₂ → 0  (loi de Henry : C = k·p)

Comment il s'y prend

Points de conduite
Pression
Toujours en légère surpression

La bâche est maintenue vers 0,2 bar rel. (≈ 1,2 bar abs, 105 °C). L'intérêt n'est pas thermique : tant que la bâche est au-dessus de l'atmosphère, aucune entrée d'air n'est possible. Une bâche qui passe en dépression aspire de l'air par la moindre garniture — et le taux d'O₂ décolle immédiatement.

Température
Chaque degré compte

À 105 °C l'eau est à saturation : l'O₂ résiduel se compte en µg/L. À 85 °C, on est loin de la saturation et il en reste des dizaines. Une chute de température bâche = un manque de vapeur de barbotage, à traiter avant de chercher ailleurs.

Niveau
Le compromis

Trop haut : on noie la colonne dégazante et on inonde l'évent. Trop bas : on perd la garde d'aspiration des pompes alimentaires et le NPSH s'effondre. La régulation module l'appoint déminéralisé, avec alarmes haut/bas et sécurité TB.

Chimie
Le réducteur finit le travail

Le DEHA (ou équivalent non toxique — l'hydrazine est abandonnée car cancérigène) est injecté dans la bâche. Il ne remplace pas le dégazage : il neutralise le résiduel de quelques µg/L et passive les surfaces. Un réducteur qui compense un dégazeur défaillant, c'est de la consommation pure et une conduite qui masque un défaut.

Réflexe quart : O₂ en hausse en sortie bâche → dans l'ordre : température de bâche, position de l'évent, pression de bâche (dépression ?), débit de vapeur de barbotage, et seulement en dernier le dosage de réducteur.

Les pompes alimentaires 2630P110 A/B/C

Pomper de l'eau qui est déjà à sa température d'ébullition : tout le problème est là.

Une pompe alimentaire aspire dans la bâche une eau à saturation. Le moindre abaissement de pression à l'entrée de la roue la fait bouillir : c'est la cavitation. Les bulles implosent quelques millimètres plus loin, dans la zone de recompression, et arrachent le métal. Bruit de gravier, vibrations, débit erratique, puis destruction de la roue.
NPSHd = (Pbâche − Psat)/(ρg) + Hgéo − Jaspiration

Comme la bâche est à saturation, le premier terme est nul : il ne reste que la hauteur géométrique entre le plan d'eau et l'axe de pompe, moins les pertes de charge d'aspiration. D'où la règle de conception : la bâche alimentaire est toujours perchée en hauteur, et la ligne d'aspiration est courte, large et sans point haut.

Économiseur, ballon et régulation de niveau

ECO
Économiseur

Dernier échangeur côté fumées, il récupère la chaleur résiduelle pour préchauffer l'eau alimentaire juste sous la température de saturation du ballon. Chaque degré gagné ici est du combustible non consommé. Attention au point de rosée acide côté fumées : trop refroidir, c'est corroder.

Ballon
Le séparateur

Le ballon sépare l'eau de la vapeur. Les cyclones et les sécheurs internes empêchent l'entraînement de gouttelettes salées vers le surchauffeur — le primage. C'est aussi le point où se prend la déconcentration continue et où s'injecte le phosphate.

Gestra
Déconcentration continue

La vapeur part pure, les sels restent : l'eau du ballon se concentre en permanence. La vanne Gestra prélève en continu au plan d'eau du ballon — là où la concentration est maximale — de quoi tenir la conductivité sous consigne. Le débit suit P = V·Ca/(Cb−Ca). La purge de fond, elle, est intermittente et prélève au point bas pour évacuer les boues phosphatées. Les deux partent au ballon d'éclatement 2660D750.

Circulation
Naturelle

L'eau descend par les tubes de chute non chauffés, se vaporise partiellement dans les écrans et remonte par différence de masse volumique. Aucune pompe : la circulation s'auto-régule avec la charge. Un tube de chute partiellement bouché = un écran mal refroidi.

Niveau ballon : gonflement et tassement
Le niveau ballon est la régulation la plus contre-intuitive de l'installation. À une ouverture brutale de la vanne vapeur, la pression chute, les bulles présentes dans l'eau se dilatent : le niveau monte alors qu'on consomme davantage. C'est le gonflement (swell). Une régulation naïve fermerait l'alimentation — exactement le contraire de ce qu'il faut. Au délestage, phénomène inverse : le tassement (shrink), le niveau chute alors qu'on consomme moins.

Surchauffe et désurchauffe

Pourquoi on surchauffe, et pourquoi on est obligé de refroidir juste après.

La vapeur qui sort du ballon est saturée : la moindre perte de chaleur la fait condenser. Envoyée telle quelle dans une turbine, elle se chargerait très vite en gouttelettes et éroderait les aubages des derniers étages. Les surchauffeurs l'éloignent de la courbe de saturation — vers 400 °C — pour gagner de l'enthalpie utile et pour garder un titre de vapeur acceptable jusqu'à l'échappement.

Le désurchauffeur

Entre deux étages de surchauffe, on injecte de l'eau alimentaire pulvérisée (2630P210 A/B/C, vanne de régulation 2630XV512). Deux raisons :

bilan enthalpique : ṁinj = ṁvap · (h₁ − h₂) / (h₂ − heau)
Le piège : l'eau d'injection doit être de qualité eau alimentaire, et pas seulement propre. Tout ce qui est injecté ici part directement en turbine sans passer par le ballon — il n'y a plus de séparateur en aval. Une eau chargée en silice à cet endroit, ce sont des dépôts sur les aubages. Et une vanne de désurchauffe qui fuit à froid, c'est de l'eau liquide qui arrive au collecteur : choc thermique sur les tubes, puis coup d'eau turbine.

Calculateurs

1 · NPSH disponible à l'aspiration des pompes alimentaires

« Surchauffe / saturation » = écart entre la température réelle de la bâche et sa température de saturation. Il est nul en marche normale (eau bouillante) ; il devient positif si la bâche est sous-refroidie, ce qui ajoute du NPSH — c'est ce qui sauve les pompes pendant une montée en pression.

2 · Débit d'eau de désurchauffe
3 · Purge de déconcentration (Gestra)

P = V · Ca / (Cb − Ca). La purge continue évacue en permanence l'excès de sels pour tenir la conductivité sous la limite et éviter le primage. Elle emporte de l'énergie : c'est elle qu'on récupère dans le ballon d'éclatement, traité dans l'onglet « Condensation & vide ».

Index KKS — poste d'eau

Repères tels que construits. Les repères non listés ici sont à compléter depuis les P&ID.

RepèreDésignationRôle en conduite
2630J010ABâche alimentaire / dégazeurDégazage thermique, réserve d'eau alimentaire, point d'injection réducteur d'O₂
2630P110 A/B/CPompes alimentairesAlimentation du ballon via l'économiseur — deux en service, une en secours
2630P210 A/B/CPompes eau de désurchauffeInjection au désurchauffeur inter-étages
2630XV512Vanne de régulation eau de désurchauffeTient la température vapeur au collecteur HP
2610P520Pompe eau déminéraliséeAppoint bâche alimentaire sur régulation de niveau
2660D500Bâche à condensatsCollecte et renvoi des condensats vers le dégazeur
2660D750Ballon d'éclatement purges chaudièresDestination des purges continues et de fond
2650D500Ballon purges turbineCollecte des purges du corps turbine et des lignes vapeur

P&ID de référence : C0-3011 · E0-3012 · E0-3018 · E0-3022 · E0-3023 · E0-3027 · E0-3030.

QCM — poste d'eau & vapeur

Douze questions. La correction explique le raisonnement, pas seulement la bonne case.