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L'Interval · Formation conduite · IPXIII

La régulation en UVE — du tout ou rien aux boucles multi-éléments

Support de formation interactif : bases de l'automatique, signaux industriels, puis les boucles réellement rencontrées sur la chaudière et le circuit fumées d'Ivry II. Chaque chapitre contient une animation manipulable.

01

Les bases : de quoi parle-t-on ?

Une régulation, c'est trois choses : une mesure, une consigne, et un organe qui agit pour rapprocher la première de la seconde. Tout le reste n'est que du réglage.

Le vocabulaire de base

PVProcess Value — la mesure (niveau, température, débit, O₂…)
SPSetpoint — la consigne, ce qu'on veut obtenir
εÉcart = SP − PV. Le moteur du régulateur.
MVSortie (0–100 %) envoyée à la vanne / au variateur
OPAutre notation de la sortie (Output)

Les 3 modes du régulateur

  • MANU — l'opérateur impose la sortie MV à la main.
  • AUTO — le régulateur calcule MV à partir de SP local.
  • CASCADE / SUIVEUR — la consigne SP vient d'un régulateur maître.
Le passage MANU ↔ AUTO doit être sans à-coup (bumpless) : en MANU l'intégrale du PID est en permanence recalée sur la sortie manuelle. Si tu vois un « coup de vanne » au basculement, c'est le bumpless qui est mal paramétré.

Boucle ouverte / boucle fermée

SP consigne + − ε PID régulateur MV 0–100 % VANNE actionneur PROCÉDÉ four, chaudière… grandeur réglée perturbation CAPTEUR transmetteur 4–20 mA mesure PV Boucle FERMÉE : la mesure revient au régulateur, qui corrige en permanence. Sans ce retour, on est en boucle ouverte — le mode MANU.

Connaître son procédé avant de régler

Gain statique K

De combien varie la mesure pour 1 % de vanne, une fois stabilisé. Ex. : +1 % d'eau alim → +0,4 % de niveau ballon.

Constante de temps T

L'inertie. Temps pour atteindre 63 % de la variation finale. Une surchauffe vapeur : dizaines de secondes. Une température de four : plusieurs minutes.

Temps mort L

Le retard pur avant que ça bouge. C'est l'ennemi n°1 : plus L est grand devant T, plus il faut un régulateur mou. Typique sur les mesures de fumées (transport + analyseur).

Règle de terrain : si L/T > 0,5, oublie le PID agressif — il faut ralentir la boucle, ou ajouter une anticipation (feedforward), comme sur le niveau ballon.

Sens d'action : direct ou inverse

Action inverse (la plus courante)

PV monte → sortie MV descend. Exemple : la température vapeur monte → on ferme… non, on ouvre l'eau de désurchauffe. Attention : c'est le couple sens du régulateur + sens de la vanne qui compte.

Position de sécurité

Toute vanne a un comportement au manque d'air / manque de signal : FO — ouverte FC — fermée FL — bloquée. À vérifier avant toute intervention.

Piège classique : inverser le sens d'action fait diverger la boucle en butée (0 % ou 100 %) au lieu de réguler. Si une vanne part systématiquement en butée dès le passage en AUTO, vérifie le sens d'action avant de toucher aux gains.
02

Les signaux : 4–20 mA, 0–10 V, TOR, bus

Avant de réguler, il faut transporter l'information. En UVE, l'immense majorité des mesures analogiques circulent en boucle de courant 4–20 mA. Voici pourquoi, et comment la lire.

Pourquoi 4 mA et pas 0 ?

C'est le zéro vif (live zero). Un capteur au minimum d'échelle délivre 4 mA, pas 0. Conséquence : 0 mA = câble coupé, et on le détecte immédiatement. Avec un 0–20 mA, on ne distingue pas « mesure nulle » de « fil arraché ».

  • Le courant ne s'atténue pas sur la longueur du câble (contrairement à une tension).
  • Excellente immunité aux perturbations électromagnétiques — utile près des variateurs.
  • Alimentation et signal sur la même paire : c'est le 2 fils (transmetteur alimenté par la boucle).

Seuils NAMUR NE43 — diagnostic

< 3,6 mADéfaut capteur / repli bas
3,8 → 4,0Sous-échelle tolérée
4,0 → 20,0Plage de mesure valide
20,0 → 20,5Sur-échelle tolérée
> 21,0 mADéfaut capteur / repli haut
Sur L'Interval, une mesure qui affiche BAD ou qui se fige à la valeur basse d'échelle, c'est en général ça : va lire le courant réel en armoire avant d'accuser l'automate.

Convertir un courant en grandeur physique

La relation est strictement linéaire :

I(mA) = 4 + 16 × (X − Xmin) / (Xmax − Xmin) X = Xmin + (I − 4) / 16 × (Xmax − Xmin)

Calculateur d'échelle

Courant12,00 mA
Grandeur200,0 °C
% échelle50,0 %
Équiv. 0–10 V5,00 V
État : mesure valide (plage NAMUR).

Le panorama des signaux que tu croises en salle de conduite

SignalTypeUsage typique en UVEPoints de vigilance
4–20 mAAnalogiquePression, débit, niveau, température transmise, position vanne, O₂Charge de boucle max (souvent 250–600 Ω) ; une seule masse
0–20 mAAnalogiqueVieilles sorties de commandePas de détection de coupure
0–10 V / 2–10 VAnalogiqueCommande de variateurs, servomoteurs de registresChute de tension si câble long ; sensible aux parasites
1–5 VAnalogiqueImage d'un 4–20 mA sur résistance 250 ΩSert de point de mesure sans ouvrir la boucle
TOR 24 VDCLogiqueFins de course, pressostats, ordres marche/arrêtLogique positive/négative ; contact NO ou NF
Contact secLogiqueReport de défauts, sécurités câbléesAlimenté par l'entrée automate
Pt100 / Pt1000RésistifTempératures eau, vapeur, paliersMontage 3 ou 4 fils obligatoire — le 2 fils fausse par la résistance de ligne
Thermocouple K / J / NMillivoltsTempératures four, fumées haute températureCompensation de soudure froide, câble d'extension compensé, polarité
HARTNumérique sur 4–20Paramétrage / diagnostic transmetteurs sans les déposerSuperposé au 4–20 mA, ne le perturbe pas
Modbus / Profibus / ProfinetBusVariateurs, analyseurs, sous-ensembles fournisseurs (HZI)Watchdog de communication : prévoir le repli en cas de perte
PWM / train d'impulsionsLogiqueCommande de servomoteurs 3 points (ouvrir/fermer)Pas de recopie ⇒ position estimée, à recaler en butée

Commande 3 points vs signal continu

Beaucoup de registres et vannes motorisées ne reçoivent pas un 4–20 mA mais deux ordres TOR : OUVRIR et FERMER. Le régulateur convertit sa sortie % en impulsions. Sans recopie de position, l'automate estime l'ouverture — d'où les recalages en butée.

Recopie de position

Une vanne bien instrumentée renvoie sa position réelle en 4–20 mA. C'est cette recopie qui permet de voir sur le synoptique l'écart entre commande et position — signature typique d'un grippage ou d'un manque d'air instrument.

03

Tout ou rien : la régulation la plus simple

Deux états, rien entre les deux. On enclenche, on déclenche. Simple, robuste, pas cher — mais la mesure oscille toujours autour de la consigne. C'est structurel, pas un défaut de réglage.

Principe et hystérésis

Si on démarrait et arrêtait exactement à la consigne, l'organe battrait des dizaines de fois par minute (« pompage »). On introduit donc une bande morte (hystérésis) :

  • Démarrage quand PV < SP − h
  • Arrêt quand PV > SP + h

Plus h est grand, moins l'organe démarre… mais plus l'écart de mesure est important. C'est le compromis du tout ou rien.

Où on le trouve en UVE

  • Remplissage de bâches et de fosses (marche/arrêt de pompe sur niveaux hauts/bas)
  • Purges périodiques temporisées
  • Réchauffage électrique de tracing, résistances de garde
  • Sécurités et alarmes seuils (pressostats, thermostats, niveaux à flotteur)
  • Décolmatage des filtres à manches (séquentiel, sur perte de charge)
Ne jamais confondre un seuil de sécurité avec une régulation TOR. La sécurité est câblée, testée périodiquement, et ne se « règle » pas depuis la supervision.

Simulateur — remplissage de bâche

soutirage
Niveau60,0 %
PompeARRÊT
Amplitude12,0 %
Démarrages/h—
NiveauConsigneSeuil basSeuil haut
Descends l'hystérésis à 0,5 % : la pompe part en pompage (démarrages/h explose). Monte-la à 20 % : la pompe se repose, mais le niveau balaye toute la bâche. Aucun réglage ne supprime l'oscillation.
04

P, PI, PID : le régulateur continu

Ici la sortie est proportionnelle, de 0 à 100 %. Trois actions se cumulent, chacune répondant à une question différente : « où en est l'écart ? », « depuis combien de temps ? », « dans quel sens ça part ? ».

P — Proportionnel

Sortie = Kp × ε. Réagit à l'amplitude de l'écart.

  • Kp ↑ → plus rapide, mais oscillant
  • Laisse toujours un écart statique (offset) : sans erreur, plus de sortie
  • Bande proportionnelle BP % = 100 / Kp

I — Intégral

Accumule l'écart dans le temps jusqu'à l'annuler.

  • Supprime l'écart statique
  • Ti petit = intégrale forte = risque d'oscillation lente
  • Danger : l'emballement d'intégrale (windup) quand la vanne est en butée

D — Dérivé

Réagit à la vitesse de variation. C'est l'anticipation.

  • Amortit les dépassements sur procédés lents (températures)
  • Amplifie le bruit ⇒ à proscrire sur débit et pression
  • En pratique en UVE : souvent laissé à 0

Simulateur PID — procédé du 1er ordre avec temps mort

Consigne SP Mesure PV Sortie MV % Butée / saturation
Consigne50,0
Mesure50,0
Sortie50,0 %
Écart0,0
Dépassement—
Temps de réponse—
Exercice guidé : passe en « P seul », fais un échelon de consigne → la mesure se stabilise en dessous de la consigne : c'est l'écart statique. Repasse en PI → il disparaît. Puis monte Kp à 6 avec un temps mort de 10 s → la boucle part en oscillation entretenue : tu viens de trouver la limite de pompage.

Réglage : la méthode qui marche en salle de conduite

Approche empirique par approches successives

  1. Ti au maximum (intégrale quasi nulle), Td = 0.
  2. Monter Kp jusqu'à obtenir une oscillation juste entretenue → noter Kposc et la période Tosc.
  3. Redescendre Kp à ≈ 0,45 × Kposc.
  4. Régler Ti ≈ 0,85 × Tosc.
  5. Ajouter du D uniquement si la mesure est propre et le procédé lent.
  6. Valider sur une perturbation réelle, pas seulement sur un échelon de consigne.

Ordres de grandeur en UVE

BoucleTypeDynamique
Débit / pressionPI, Kp faible, Ti courtSecondes
Niveau ballonPI + anticipationDizaines de s
Température vapeurPID cascade1–3 min
O₂ / combustionPI très lentMinutes
Température fuméesPI lent + split rangeMinutes
Anti-windup : quand la vanne est à 100 % et que l'écart persiste, l'intégrale continue de gonfler. Au retour à la normale, elle met un temps fou à se vider et la mesure dépasse largement. Tout régulateur industriel doit avoir un anti-windup (gel de l'intégrale en butée). Si une boucle « repart mal » après un incident, c'est souvent ça.
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Niveau ballon : 1, 2 ou 3 éléments

C'est la boucle critique de la chaudière. Trop bas : découvrement des tubes. Trop haut : entraînement d'eau dans la surchauffe et la turbine. Et le procédé ment — c'est tout le sujet.

Le piège : gonflement et tassement (swell & shrink)

L'eau du ballon contient des bulles de vapeur. Quand la demande vapeur augmente brutalement, la pression chute légèrement, les bulles se dilatent : le niveau monte alors qu'on vient de perdre de la masse d'eau. C'est le gonflement.

Un régulateur 1 élément voit le niveau monter et… ferme l'eau alimentaire. Exactement le contraire de ce qu'il faut faire. Quelques dizaines de secondes plus tard, les bulles se recondensent, le niveau s'effondre, et le régulateur ouvre en grand : la boucle oscille.

À la baisse de charge, c'est l'inverse : le tassement.

ArchitectureEntréesDomaine d'emploi
1 élémentNiveauDémarrage, faible charge, chaudières à faible inertie de charge
2 élémentsNiveau + débit vapeurAnticipation de la charge, vanne à bonne autorité
3 élémentsNiveau + débit vapeur + débit eauMarche normale en UVE — insensible aux variations de pression alim.
Le basculement 1 él. → 3 él. se fait généralement vers 20–30 % de charge, quand les débitmètres deviennent fiables (un débitmètre à organe déprimogène est faux en bas d'échelle).

Simulateur — comparer les trois architectures

Ballon chaudière — régulation niveau SP BALLON vapeur FT 100 débit vapeur eau alimentaire 62 % FT 100 débit eau collecteur / foyer LIC FIC Cascade niveau → débit, anticipation débit vapeur
Niveau vu0,0 mm
Niveau réel0,0 mm
Débit vapeur60 t/h
Débit eau60 t/h
Vanne alim60 %
Écart max réel—
Niveau mesuré Niveau réel (masse d'eau) Débit vapeur Débit eau
À faire : mets-toi en 1 élément et clique « Prise de charge +30 % ». Regarde le niveau mesuré monter (gonflement) pendant que le niveau réel s'effondre — et la vanne se fermer. Repasse en 3 éléments et refais l'essai : l'anticipation par le débit vapeur ouvre la vanne immédiatement, avant même que le niveau ne bouge.
Puis clique « Chute pression alim. » : en 2 éléments le niveau décroche, en 3 éléments la boucle interne de débit rattrape en quelques secondes.

Compensation de pression

Le niveau est mesuré par ΔP entre deux piquages. La masse volumique de l'eau et de la vapeur dépend de la pression : sans compensation en pression, le niveau affiché est faux à froid comme en transitoire.

Trois mesures, un vote

Les sécurités niveau ballon sont en général en 2 sur 3 : trois transmetteurs indépendants, déclenchement si deux concordent. Ça évite l'arrêt d'urgence sur une seule mesure en défaut.

Vanne principale / vanne de démarrage

Au démarrage, les débits sont trop faibles pour la grosse vanne : on passe par une vanne de petit calibre (souvent 20–30 % du Kv), puis on bascule. Le basculement doit être sans à-coup.

06

Deux désurchauffes vapeur en série

Sur la chaudière, la vapeur traverse plusieurs surchauffeurs. Entre eux, on injecte de l'eau pulvérisée pour maîtriser la température finale. Deux étages en série, ce n'est pas deux fois la même boucle : chacun a un rôle distinct.

Pourquoi deux étages ?

  • Protection métal. Un seul étage en fin de parcours laisserait les tubes du dernier surchauffeur monter trop haut avant correction. La désurchauffe amont protège le métal de SH2/SH3.
  • Précision. L'étage aval, proche de la sortie, corrige finement la température garantie (typiquement ≈ 400 °C / 40 bar sur une chaudière UVE).
  • Plage. Deux injections répartissent la charge thermique et évitent une vanne unique travaillant en permanence proche de sa butée.

Architecture retenue : cascade + répartition

Le régulateur maître surveille la température de sortie finale. Il envoie une consigne à l'étage aval (DES2), rapide. En parallèle, l'étage amont (DES1) tient une consigne de température intermédiaire, elle-même corrigée si DES2 s'approche de sa butée.

Contraintes intangibles :
  • Jamais d'injection si le débit vapeur est trop faible — l'eau ne se vaporise pas et arrive liquide sur le tube suivant : choc thermique.
  • Toujours conserver une surchauffe minimale (typiquement ≥ 15–20 K au-dessus de la saturation) en aval de l'injection.
  • L'eau de désurchauffe doit être de qualité eau alimentaire : elle finit dans la vapeur turbine.

Simulateur — deux étages en série

Ligne vapeur — SH1 · DES1 · SH2 · DES2 · SH3 SH1 SH2 SH3 DES 1 18 % eau désurchauffe DES 2 24 % 312 °C 438 °C 372 °C 436 °C 381 °C 400 °C vers turbine TIC maître
T sortie400,0 °C
T inter. (après DES1)372 °C
Eau DES12,1 t/h
Eau DES21,4 t/h
Marge butée DES2OK
Monte l'encrassement à 90 % : la vapeur sort plus froide des surchauffeurs, les deux vannes se ferment. À l'inverse, ramène l'encrassement à 0 avec une charge de 110 % : DES2 sature, et c'est DES1 qui prend le relais en abaissant la température intermédiaire. En mode « 1 seul étage », observe l'excursion de température intermédiaire — c'est ce qu'on cherche à éviter.
07

Économiseur extérieur, DeNOx et les deux vannes 3 voies

Objectif de la boucle : maintenir la température des fumées à 195 °C en sortie d'économiseur extérieur, en jouant sur la température de l'eau qui y entre. Deux vannes 3 voies, pilotées en split range par un seul régulateur.

Le compromis thermique

L'économiseur extérieur est placé en aval du traitement des fumées et du DeNOx catalytique. Il récupère la chaleur résiduelle pour préchauffer l'eau alimentaire. Mais on ne peut pas refroidir les fumées autant qu'on veut :

  • Trop froid On descend sous le point de rosée acide : condensation d'acide sulfurique sur les tubes → corrosion rapide, et colmatage du conduit et de la cheminée.
  • Trop chaud Rendement dégradé, pertes à la cheminée, et contraintes sur les équipements aval (ventilateur de tirage, cheminée).
  • 195 °C Le point de fonctionnement retenu : marge suffisante au-dessus du point de rosée, tout en récupérant le maximum d'énergie.

Le levier : la température d'entrée d'eau

On ne module pas le débit de fumées. On agit sur la température de l'eau qui entre dans l'ECO ext :

  • Eau froide → gros échange → fumées refroidies davantage.
  • Eau réchauffée → échange réduit → fumées plus chaudes.

Pour réchauffer, on fait passer l'eau par une seconde épingle placée dans la partie chaude (côté ballon), qui joue le rôle d'échangeur de préchauffage. On peut aussi la court-circuiter et envoyer l'eau directement dans l'économiseur.

Split range — un régulateur, deux vannes

Le TIC fumées calcule une sortie unique de 0 à 100 %. Cette sortie est répartie sur les deux vannes 3 voies, chacune agissant sur une moitié de la plage. Résultat : une seule boucle à régler, et une action continue sans discontinuité au passage d'une vanne à l'autre.

V1 — bypass ECO ext : 100 % → 0 % V2 — épingle réchauffage : 0 % → 100 % 0 %50 %100 % Sortie régulateur TIC fumées (0–100 %)

Sortie 0 → 50 % : action sur V1

V1 dose la fraction d'eau qui traverse réellement l'économiseur extérieur, le reste passant par le bypass. À 0 % de sortie, tout le débit passe dans l'ECO : échange maximal, fumées les plus froides. À 50 %, le bypass est ouvert au maximum utile. V2 reste au repos (épingle court-circuitée).

Sortie 50 → 100 % : action sur V2

Si le bypass ne suffit plus à tenir 195 °C (charge faible, fumées déjà froides), on commence à faire passer l'eau par la deuxième épingle : elle arrive plus chaude dans l'économiseur, l'échange diminue encore, la température des fumées remonte. À 100 %, tout le débit est réchauffé.

Recouvrement. On prévoit en général quelques % de chevauchement (V1 finit à 52 %, V2 démarre à 48 %) pour éviter une zone morte au basculement, où aucune des deux vannes n'a d'effet et où la boucle se met à osciller lentement.

Simulateur — boucle température fumées 195 °C

Circuit fumées — chaudière → filtres → DeNOx → ECO extérieur → ventilateur → cheminée FILTRE DeNOxSCR ECO extéconomiseur VENT cheminée 245 °C 195 °C TIC 195 eau alimentaire (bâche / dégazeur) V2 — 3 voies 0 % 2ᵉ ÉPINGLE réchauffage eau côté ballon direct économiseur V1 — 3 voies 30 % bypass ECO ext vers ballon T eau ECO
T fumées sortie195,0 °C
Sortie TIC30 %
V1 débit ECO70 %
V2 épingle0 %
T eau entrée ECO130 °C
Marge rosée acide+55 K
T fumées sortie Consigne 195 °C Sortie split range
À faire : descends la charge à 35 % avec des fumées d'entrée à 190 °C. La boucle sature : V1 ferme complètement l'ECO, puis V2 met toute l'eau dans l'épingle — et malgré tout, la température de sortie tombe sous consigne. C'est la limite physique : à très faible charge, tenir 195 °C impose de réduire l'échange autrement (ou d'accepter l'écart, en surveillant la rosée acide).

Interaction avec le DeNOx

Le catalyseur SCR a une fenêtre de température d'activité. Trop froid, la réaction ne se fait pas et l'ammoniac passe (slip). L'ECO placé en aval évite de refroidir le catalyseur — mais toute action sur cette boucle influence indirectement les émissions de NOx.

Vanne 3 voies : mélange ou répartition

Une 3 voies peut être mélangeuse (2 entrées, 1 sortie) ou répartitrice (1 entrée, 2 sorties). Ce n'est pas interchangeable : monter une mélangeuse en répartition génère des coups de bélier et un fonctionnement instable.

Débit total constant

Grand intérêt du montage 3 voies : le débit total d'eau alimentaire ne change pas, on ne fait que le répartir. La régulation de niveau ballon n'est donc pas perturbée par la boucle température fumées. Les deux boucles sont découplées.

08

Le panel des régulations de L'Interval

Vue d'ensemble des boucles présentes sur l'installation, par zone. Filtre par type pour repérer les architectures similaires.

ZoneBoucleMesureOrganeArchitectureEnjeu
ChaudièreNiveau ballonNiveau ΔP compensé + débit vapeur + débit eauVanne alim. (pompes 2630P110A/B/C)3 éléments — cascade + anticipationDécouvrement tubes / entraînement d'eau
ChaudièreTempérature vapeur surchaufféeT sortie SH3 + T intermédiaire2 vannes de désurchauffe 2630XV512Cascade 2 étages en sérieTenue métal / garantie turbine
FuméesT fumées sortie ECO extT fumées 195 °C2 vannes 3 voies (bypass ECO + épingle)PI + split rangeRosée acide / rendement
FourPuissance / charge fourDébit vapeur, T fourVitesse grille, poussoirsPI lent + limitationsStabilité de la combustion
FourTeneur en O₂ fuméesAnalyseur O₂Registres air primaire / secondairePI très lent (temps mort important)Combustion complète / CO
FourDépression foyerPression fourVentilateur de tirage (variateur)PI rapidePas de mise en pression / fuites
VapeurPression vapeur collecteurPressionVanne admission turbine / bypassPID + partage de chargeStabilité réseau vapeur
VapeurNiveau bâche alimentaireNiveau 2630J010AVanne d'appoint condensatsPINPSH pompes alim.
VapeurPression dégazeurPression bâcheVanne vapeur de barbotagePIDégazage O₂ dissous
PurgesPurge continue ballonConductivité eau ballonVanne de purge continuePI lent ou TOR séquentielConductivité / entartrage
PurgesNiveau ballon éclatement purgesNiveau 2660D750 / 2660D650Vanne 2660XV620Tout ou rien avec hystérésisÉvacuation vers fosses
PurgesRefroidissement purgesT purges en sortieEau industrielle 3120XV583 / 3120XV593TOR sur seuil, rampe d'aspersion en secoursProtection réseau aval
PurgesReprise bâche récupérationNiveau 2660D600Pompes 2660PM610A/BTOR marche/arrêt + permutationRécupération condensats
EauConditionnement chimiquepH, conductivité, O₂Pompes doseusesPI + dosage proportionnel au débitCorrosion / dépôts
EauProduction eau déminéraliséeConductivité, niveauxChaînes de traitementTOR séquentiel + PI conductivitéQualité eau chaudière
Refroid.T circuit de refroidissementT retour 2650E310/320/330/340Pompes 2650P370A/B, vanne 3 voiesPI sur vanne 3 voiesTenue échangeurs / auxiliaires
DeNOxInjection réactif NOxNOx cheminée + débit fuméesPompe doseuse / vanne réactifPI + anticipation par la chargeÉmissions / slip ammoniac
Traitement fuméesDécolmatage filtres à manchesPerte de charge FAM1/FAM2Électrovannes d'air compriméTOR séquentiel sur ΔPPerte de charge / durée de vie manches
Traitement fuméesDosage réactifs (chaux, charbon actif)HCl / SO₂ cheminéeDoseurs volumétriquesPI + anticipation chargeRespect des VLE
REFIOMTransport pneumatique / silosNiveaux silos, pression transportVannes, surpresseursTOR séquentielContinuité d'évacuation

Les repères KKS cités proviennent des P&ID « tel que construit » de la zone purges. Les autres boucles sont listées par fonction — à compléter avec la LIS de la zone concernée.

Repères KKS utiles — zone purges et eau alimentaire

Capacités

2650D500 Ballon purges turbine · 2660D600 Bâche récupération purges · 2660D650 Ballon éclatement purges GTA · 2660D750 Ballon éclatement purges chaudières · 2660D500 Bâche à condensats · 2630J010A Bâche alim. / dégazeur

Échange et refroidissement

2660E660 serpentin GTA · 2660E760 serpentin chaudières · 2650E310/320/330/340 échangeurs · 2650P370A/B pompes eau de refroidissement

Organes et utilités

2660PM610A/B pompes reprise · 2660HS615 · 2660XV620 · 3120P530A/B/C eau industrielle · 3120XV583 (GTA) / 3120XV593 (chaudières) · 2630P210A/B/C eau de désurchauffe · 2630XV512

Documents de référence

P&ID C0-3011 · E0-3027 · E0-3023 · E0-3022 · E0-3018 · E0-3030 · E0-3012
NDF IP-14-064-IN-Y-NDF-E0-3018 · LIS-E0-3018 · matrice sécurité IN-W-LIS-U0-8001 · liste E/S IN-W-LIS-U0-0020

09

Vérifier ses acquis

Dix questions. Une seule bonne réponse à chaque fois.

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