01Pression
Force par unité de surface. Le piège n°1 : toujours savoir si une valeur est absolue ou relative.
Mesure la pression par rapport au vide absolu (zéro absolu de pression). Elle prend en compte la pression atmosphérique ambiante. À l'air libre au niveau de la mer, la pression est d'environ 1,013 bar a.
Repère UVE : les pressions vapeur et les états thermodynamiques (chaudière, turbine) sont donnés en bar a — ex. admission turbine 81 bar a, soutirage 28 bar a.
Mesure la pression par rapport à la pression atmosphérique ambiante. C'est la valeur affichée par la majorité des manomètres standards. Un circuit ouvert à l'air libre indique donc 0 bar g.
bar a = bar g + 1,013 · bar g = bar a − 1,013Piège : un manomètre à 5 bar g, c'est ~6 bar a. Confondre les deux fausse tous les calculs thermo.
Unité légale de pression : 1 Pa = 1 N/m². Très petite, on l'emploie surtout en kPa et MPa dans les documents techniques et les normes.
1 bar = 100 000 Pa = 100 kPa = 0,1 MPaPour les très faibles pressions et surtout les dépressions. Le foyer est tenu en légère dépression (quelques mbar sous l'atmosphère) pour éviter toute fuite de fumées vers la chaufferie.
1 bar = 1000 mbar · 1 mbar ≈ 10,2 mmCERepère UVE : dépression foyer ≈ −2 à −5 mbar ; perte de charge des filtres à manches suivie en mbar.
Le vide à l'aérocondenseur se caractérise par une pression absolue très basse (bien en dessous de l'atmosphère). On l'exprime en mbar a, en mmHg, ou en % de vide.
760 mmHg = 1,013 bar a · 100 % vide = 0 bar aUne différence de pression (ΔP) n'a pas besoin de référence absolue/relative : la soustraction élimine l'atmosphère. On l'utilise pour la perte de charge d'un filtre ou la PTM (pression transmembranaire) d'un module d'ultrafiltration.
Repère UVE : PTM UF surveillée jusqu'à ~2 bar (seuil de lavage), colmatage des manches lu en ΔP (mbar).
02Température
Deux échelles à connaître : le °C du quotidien et le kelvin pour les calculs.
L'échelle usuelle de conduite. 0 °C = fusion de la glace, 100 °C = ébullition de l'eau à 1 atm.
Repère UVE : post-combustion ≥ 850 °C (2 s), fumées en sortie chaudière ~195 °C (filtres à manches), condensats CPCU 90 → 55 °C.
Échelle absolue (part du zéro absolu). Obligatoire dès qu'on calcule (lois des gaz, rendements de Carnot). Un écart de température vaut la même chose en °C et en K.
T(K) = T(°C) + 273,15 · ΔT : 1 °C = 1 KTempérature à laquelle une vapeur commence à condenser. Le point de rosée acide des fumées (H₂SO₄, HCl) fixe la température minimale à tenir avant les filtres à manches pour éviter corrosion et colmatage.
Repère UVE : on ne descend pas les fumées sous ~195 °C pour rester au-dessus du point de rosée acide.
03Débit
Une quantité par unité de temps. Attention gaz : m³ réels ≠ Nm³ (normaux).
Débit massique des solides et de la vapeur. On agrège en t/jour et t/an pour la capacité de l'installation.
Repère UVE : enfournement déchets ~20 t/h, vapeur admission jusqu'à ~188 t/h, capacité ~350 000 t/an.
Débit massique du système international, utilisé dans les calculs thermodynamiques (puissance = débit × Δh).
1 kg/s = 3,6 t/h · 150 t/h ≈ 41,7 kg/sDébit volumique des liquides : eau brute, eau déminée, effluents. Le L/h sert aux petits débits de dosage réactifs.
Repère UVE : production démin jusqu'à ~150 m³/h, rejet SIAAP ≤ 1200 m³/j, pompes doseuses en L/h.
Volume de gaz ramené aux conditions normales : 0 °C et 1013 mbar. Indispensable pour les gaz car un même nombre de molécules occupe plus de place quand il fait chaud. Un débit de fumées « réel » (m³/h à 200 °C) est bien plus grand que le même en Nm³/h.
Nm³ = conditions normales (0 °C, 1013 mbar, gaz sec)Repère UVE : débit de fumées et air dégazeur (≈ 5350 Nm³/h) en Nm³/h ; les VLE sont en mg/Nm³.
04Énergie & puissance
L'énergie, c'est une quantité ; la puissance, c'est une énergie par seconde.
Unité SI d'énergie. En conduite on l'emploie surtout en kJ (enthalpies) et MJ.
1 kWh = 3600 kJ = 3,6 MJÉnergie électrique (et thermique) livrée. C'est ce qui se vend/s'achète : électricité vers EDF, chaleur vers la CPCU.
Débit d'énergie. On distingue bien les MWe (mégawatts électriques, à l'alternateur) des MWth (mégawatts thermiques, à la chaudière ou vers la CPCU) : ce ne sont pas les mêmes watts.
Repère UVE : alternateur ~21 MWe, chaudière ~60 MWth, chaleur CPCU jusqu'à ~110 MWth.
Encore présente sur d'anciens documents, notamment pour le PCI. Une kcal chauffe 1 kg d'eau de 1 °C.
1 kcal = 4,186 kJ · 1 kWh = 860 kcalLe PCI (pouvoir calorifique inférieur) du déchet s'exprime en kWh/t (ou MJ/kg). L'enthalpie de la vapeur/eau en kJ/kg — c'est la « chute enthalpique » Δh qui produit le travail dans la turbine.
Repère UVE : PCI ordures ménagères ~2000–3000 kWh/t (≈ 7–11 MJ/kg).
Rapport énergie utile / énergie fournie, exprimé en %. Les rendements d'étages se multiplient (chaudière × turbine × alternateur). L'indice R1 (aussi sans unité) mesure la valorisation énergétique globale.
05Électricité
Le triangle des puissances : active (MW), réactive (Mvar), apparente (MVA).
Tension électrique. On monte en kV pour transporter l'énergie avec moins de pertes.
Repère UVE : alternateur 11 kV, distribution TGBT en 400 V, transformateur élévateur vers la HT (réseau EDF).
L'ampère mesure l'intensité (débit de charges), le hertz la fréquence du réseau — tenue à 50 Hz, ce qui impose la vitesse des machines (1500 tr/min pour un alternateur 4 pôles).
La puissance active (MW) fait le travail utile. La réactive (Mvar) magnétise mais ne travaille pas. L'apparente (MVA) est la combinaison des deux — c'est elle qui dimensionne l'alternateur.
MW = MVA × cos φ · cos φ = P / SRepère UVE : alternateur ~26 MVA → ~21 MW à cos φ 0,8. On règle le cos φ pour produire — ou pas — du réactif.
06Émissions & concentrations (gaz)
Les VLE (valeurs limites d'émission) et le piège de l'O₂ de référence.
L'unité des rejets atmosphériques : masse de polluant par Nm³ de fumées (sec, conditions normales). Comparé aux VLE en moyennes semi-horaires et journalières.
Repères VLE (moy. jour) : poussières 10, HCl 10, SO₂ 50, NOx 200, CO 50, COT 10 (mg/Nm³).
Diluer les fumées avec de l'air ferait « baisser » les concentrations sans réduire les rejets réels. Pour l'empêcher, les VLE sont rapportées à 11 % d'O₂ (sur gaz sec) : on corrige la mesure à cette référence commune.
À retenir : une valeur « à 11 % d'O₂ » est comparable ; la même mesure brute ne l'est pas.
Fractions volumiques de gaz. Le % vol pour les gaz majeurs (O₂, CO₂), le ppm pour les traces (CO), le ppb pour l'ultra-trace.
1 % vol = 10 000 ppm · 1 ppm = 1000 ppbRepère UVE : O₂ sortie ~6–11 % vol, CO en mg/Nm³ ou ppm.
Les dioxines/furannes se comptent en nanogrammes (milliardièmes de gramme), en équivalent toxique I-TEQ. Mesurées par campagnes de prélèvement, pas en continu.
Repère VLE : 0,1 ng I-TEQ/Nm³.
07Qualité de l'eau
Les unités du traitement d'eau et des effluents.
Mesure la conductivité électrique de l'eau, image directe de sa teneur en sels dissous. Plus l'eau est pure, plus la conductivité est basse.
Repère UVE : eau déminée < 0,5 µS/cm (conductivité cationique < 0,2) pour les chaudières.
Acidité/basicité sur une échelle logarithmique : 7 = neutre, < 7 acide, > 7 basique. Un point de pH = un facteur 10 sur la concentration en ions H⁺ — d'où la délicatesse de la neutralisation.
Repère UVE : rejet TER tenu entre 5,5 et 8,5.
Le °f mesure la dureté (TH, calcium + magnésium) et l'alcalinité (TAC). 1 °f correspond à 10 mg/L de carbonate de calcium.
1 °f = 10 mg/L CaCO₃Repère UVE : eau déminée TH et TAC < 0,1 °f.
La NTU chiffre la turbidité (particules en suspension). Les concentrations d'espèces dissoutes (MES, DCO, métaux) s'expriment en mg/L, µg/L, voire g/L pour les boues.
Repère UVE : turbidité sortie UF < 0,1 NTU ; MES rejet < 600 mg/L.
08Instrumentation & régulation
Les signaux qui relient capteurs, automate et organes.
Le signal analogique standard de l'industrie : 4 mA = 0 % de l'échelle, 20 mA = 100 %. L'offset à 4 mA donne le « zéro vivant » — un signal tombé à 0 mA trahit une rupture de fil ou une panne. Insensible aux chutes de tension sur les longues distances.
0 % = 4 mA · 50 % = 12 mA · 100 % = 20 mARepère UVE : capteurs (pression, niveau, débit, température) → automate en 4–20 mA.
Autre signal analogique, en tension continue. Simple mais sensible aux chutes en ligne, donc réservé aux courtes distances (armoire, variateur).
Mesures et consignes sont souvent ramenées en % de l'étendue (0–100 %). Une commande de vanne s'exprime en % d'ouverture, une sortie régulateur en % de la plage de l'organe.
Repère UVE : vanne à 60 % d'ouverture, sortie PID à 45 %.
09Machines tournantes & fluides
Couple, vibrations, hauteurs de pompe, viscosité des huiles.
Unité de couple (force × bras de levier). Sert au serrage contrôlé de la boulonnerie et caractérise le couple délivré par une machine.
La surveillance des machines tournantes se fait en vitesse vibratoire efficace (mm/s RMS), selon ISO 10816 / 20816. Des seuils bon / alarme / déclenchement protègent turbine, alternateur et pompes.
Repère UVE : suivi vibratoire de la turbine et des pompes ; une hausse = balourd, palier ou défaut d'alignement.
Vitesse d'écoulement en tuyauterie ou d'air en gaine. Trop élevée = pertes de charge et érosion ; trop faible = dépôts.
La HMT d'une pompe (hauteur qu'elle est capable de vaincre) se donne en mètres de colonne d'eau ou en bar. C'est le couple débit / HMT qui définit son point de fonctionnement.
10 mCE ≈ 1 barLe NPSH (Net Positive Suction Head, en mètres) chiffre la marge de pression à l'aspiration avant vaporisation. Il faut NPSH disponible > NPSH requis, sinon cavitation.
Repère UVE : garde de niveau à la bâche alimentaire pour tenir le NPSH des pompes.
Résistance d'un fluide à l'écoulement, en centistokes à 40 °C. C'est la base de la classe ISO VG d'une huile (VG 46 ≈ 46 cSt).
Repère UVE : huiles de graissage et de commande de la turbine et des centrales hydrauliques.
10Sécurité & ambiance de travail
Les unités qui protègent les personnes.
Un explosimètre mesure la concentration d'un gaz combustible en % de sa LIE (teneur à partir de laquelle le mélange peut exploser). Alarme typiquement à 10–20 % LIE, bien avant le danger.
Repère UVE : contrôle d'atmosphère avant entrée en espace confiné (cuves, silos) et en zone ATEX.
Les valeurs limites d'exposition professionnelle (VME sur 8 h, VLEP court terme) bornent la concentration respirable de gaz toxiques. Mesurées par détecteurs portables.
Repère UVE : CO, H₂S, NH₃ surveillés au poste et en fosse.
Niveau sonore perçu, pondéré selon l'oreille humaine. Échelle logarithmique : +3 dB(A) = deux fois plus d'énergie sonore. Au-delà des seuils réglementaires, protection auditive obligatoire.
Le sievert (Sv) mesure la dose reçue par une personne, le becquerel (Bq) l'activité d'une source. Le portique de détection écarte les sources radioactives interdites à la réception des déchets.
Repère UVE : portique radioactivité au pont-bascule, avant déversement en fosse.
Des codes (pas des unités) : IP = protection contre poussières et eau (ex. IP54), IK = résistance aux chocs. Ils qualifient un équipement selon son environnement.
Repère UVE : alternateur en IP54.
11Chimie (procédé)
Concentrations et potentiel d'oxydoréduction.
Quantité de matière (moles) par litre de solution. Base des calculs de neutralisation et de dosage stœchiométrique.
Le potentiel redox (ORP, en millivolts) indique le pouvoir oxydant / réducteur d'une solution. On le pilote pour la déchromatation (réduction du Cr VI) et la désinfection (dose de javel).
Repère UVE : régulation ORP sur la cuve de déchromatation du TER.
Teneur d'un constituant : % massique (masse/masse) ou volumique (volume/volume). Ne pas les confondre pour les réactifs commerciaux.
Repère UVE : chlorure ferrique à 41 %, soude et acide de régénération à 5 %.
12Divers
Quelques unités transverses.
Vitesse de rotation des machines tournantes.
Repère UVE : turbine ~6823 tr/min, alternateur 1500 tr/min (via réducteur).
Sur la filtration/désinfection, l'efficacité se compte en « log » : 1 log = division par 10, 6 log = division par 1 000 000.
Repère UVE : ultrafiltration ~6 log sur bactéries et parasites.
Part de matière sèche dans une boue, en %. Plus elle est haute, moins il reste d'eau à évacuer.
Repère UVE : gâteaux de filtre-presse à ~30 % de siccité.
Surface d'échange (membranes, catalyseur) en m² ; volumes de cuves, résines et bâches en L et m³.
Repère UVE : 1575 m² de membrane par skid UF ; bâche tampon TER 131 m³.
Formation métrologie · unités de l'incinération — L'Interval / UVE Ivry-Paris XIII. Toujours vérifier la référence d'une valeur (absolu/relatif, O₂ de référence, conditions normales) avant de comparer ou de calculer.