← Retour aux formations
🌡

Formation conduite · Thermodynamique

Thermodynamique

Chaleur du four et de la chaudière, changements d'état de l'eau, 1er et 2e principes, cycle de Rankine et transferts — les bilans enthalpiques de l'exploitation.

ΔH
ThermodynamiqueFORMATION & SUIVI

Formation en Thermodynamique

Les six lois qui gouvernent tout ce qui se passe entre la trémie d'alimentation et le groupe turbo-alternateur. Chaque notion est animée, chiffrée, et rattachée à un équipement réel de l'installation.

~1 000 °CFoyer
~60 barBallon chaudière
~425 °CVapeur surchauffée
2 800 kJ/kgEnthalpie vapeur
Progression : 0 / 10
00

Le vocabulaire de base

Une chaudière, c'est un système ouvert traversé par deux fluides : les fumées qui cèdent leur énergie, l'eau qui l'absorbe. Tout le reste n'est que comptabilité.

Système & frontière

On isole mentalement une portion d'installation (le foyer, l'économiseur, le ballon) et on compte tout ce qui entre et sort par sa frontière : matière, chaleur, travail.

ouvert matière traverse (chaudière) · fermé pas de matière (ballon isolé)

Grandeurs d'état

Elles ne dépendent que de l'état actuel du fluide, pas du chemin parcouru : pression P, température T, volume massique v, énergie interne u, enthalpie h, entropie s.

À l'inverse, chaleur Q et travail W dépendent du chemin : ce sont des transferts, pas des états.

Enthalpie : la grandeur reine

En circuit ouvert, on ne raisonne jamais en énergie interne mais en enthalpie, qui inclut le travail d'écoulement.

h = u + P·vh en kJ/kg — c'est la valeur lue dans toutes les tables vapeur, et la seule qui permette de faire un bilan sur une conduite.
Réflexe conduite — une puissance thermique se calcule toujours de la même façon : débit massique × différence d'enthalpie. P (kW) = qm (kg/s) × Δh (kJ/kg). Retenir cette ligne, c'est retenir 80 % du module.
01

Principe zéro : la température

La température n'est rien d'autre que la mesure de l'agitation des molécules. Deux corps en contact évoluent toujours vers la même agitation : c'est l'équilibre thermique, et c'est ce qui rend toute mesure de température possible.

ENCEINTE — agitation moléculaire 1400 °C 700 °C 0 °C 20 °C 293 K liquide / ambiant
molécule énergie cinétique élevée v ∝ √T  — doubler T en kelvin, c'est multiplier la vitesse par 1,41

Piloter l'agitation

T(K) = θ(°C) + 273,15 Toute formule thermodynamique (gaz parfaits, Carnot, rayonnement) travaille en kelvin. Une erreur d'échelle ici fausse tout le calcul en aval.
Sur site — 850 °C pendant 2 s après la dernière injection d'air : c'est l'exigence réglementaire de destruction des imbrûlés. En dessous, on ne détruit plus les molécules organiques, quelle que soit la qualité de la combustion en amont.
02

Loi des gaz parfaits

L'air comburant et les fumées se comportent, aux températures et pressions de l'installation, comme des gaz parfaits. C'est la loi qui explique pourquoi un ventilateur ne délivre pas le même débit à froid et à chaud.

CYLINDRE ↔ glisser P = 1,00 bar V = 1,00 m³ T = 293 K PV/T = constante Loi de Boyle-Mariotte
piston — glisse-le pour comprimerapport de chaleurpoints = molécules · densité ∝ P

Les trois transformations

P · V = n · R · TR = 8,314 J/mol·K — pour l'air : r = 287 J/kg·K, soit P·v = r·T avec v le volume massique.
TransformationLoiSur site
T constanteP·V = cteDétente lente en conduite isolée
P constanteV/T = cteRéchauffage air primaire → le débit volumique gonfle
V constanteP/T = cteCapacité fermée qui chauffe → montée en pression

Loi de Boyle-Mariotte

À température constante, la pression et le volume d'une masse de gaz varient en sens inverse : comprimer de moitié double la pression.

P · V = constante (T = cte) — transformation isotherme.

Édmond Mariotte (1676), après Robert Boyle. C'est la loi du compresseur d'air de service quand on néglige l'échauffement.

Loi de Charles

À volume constant, la pression est proportionnelle à la température absolue : une capacité fermée qui chauffe voit sa pression monter.

P / T = constante (V = cte) — transformation isochore.

Jacques Charles (~1787). C'est le principe du risque de surpression d'un ballon ou d'une tuyauterie pleine et isolée que l'on réchauffe.

Loi de Gay-Lussac

À pression constante, le volume est proportionnel à la température absolue : l'air chaud occupe plus de place que l'air froid.

V / T = constante (P = cte) — transformation isobare.

Louis Joseph Gay-Lussac (1802). C'est exactement la dilatation de l'air comburant réchauffé, traitée juste en dessous.

Application — correction de débit d'air

Un ventilateur déplace un volume, la combustion consomme une masse. Entre l'air froid aspiré et l'air réchauffé injecté, le volume change sans que la masse bouge.

ventilateur 20 °C · dense réchauffeur 180 °C · dilaté même masse =
—Nm³/h (0 °C)
—m³/h chaud
—kg/h (inchangé)
—gonflement
Piège classique — un débit exprimé en Nm³/h est déjà une masse déguisée (0 °C, 1013 mbar). Ne jamais comparer directement un Nm³/h à un m³/h relevé sur un ventilateur chaud.

Loi de Dalton & mesure d'O₂

Dans un mélange de gaz, chaque constituant exerce sa propre pression partielle, et la pression totale est leur somme. C'est le fondement de toute mesure d'analyse de fumées.

Fumées — 1013 mbar au total, empilement des pressions partielles 0 1013 mbar
Ptot = Σ Pi   et   %voli = Pi / Ptot Une teneur en O₂ mesurée « sur gaz sec » ignore la vapeur d'eau des fumées : c'est pour cela que les valeurs humides et sèches diffèrent nettement sur les déchets, très chargés en humidité.

La correction réglementaire ramène les concentrations à une référence commune de 11 % d'O₂, afin qu'on ne puisse pas diluer les fumées pour améliorer artificiellement un résultat.

C11% = Cmes × (21 − 11) / (21 − O₂mes)
—mg/Nm³ à 11 % O₂
—facteur correctif
03

Premier principe : rien ne se perd

L'énergie ne se crée pas, elle se transforme et se répartit. Tout ce que le déchet apporte au foyer se retrouve quelque part : dans la vapeur, dans les fumées à la cheminée, dans les mâchefers, dans les parois. Le bilan doit boucler à 100 %.

BILAN ÉNERGÉTIQUE CHAUDIÈRE — répartition du PCI entrant PCI déchets 100 %
vapeur produite pertes fumées mâchefers & imbrûlés parois & divers

Calculateur de rendement

—MW entrée
—MW vapeur
—rendement %
—MW pertes

La formule à retenir

Q̇vapeur = qm × (hvapeur − heau alim) qm en kg/s · h en kJ/kg · Q̇ en kW. Avec un débit en t/h, diviser par 3,6 pour obtenir des kW.

Et côté entrée, la puissance libérée par la combustion :

Q̇foyer = qdéchets × PCI PCI = pouvoir calorifique inférieur, l'énergie réellement disponible une fois retranchée la chaleur consommée pour vaporiser l'humidité du déchet.

Le rendement de la chaudière est le rapport des deux — typiquement 80 à 86 % sur une UVE, contre 92 % et plus sur une chaudière gaz, à cause des fumées plus chaudes et plus humides.

PCI, PCS et humidité

Le PCS compte l'eau des fumées comme condensée, le PCI la compte comme vapeur. En incinération, les fumées partent à haute température : l'eau reste vapeur, donc seul le PCI a un sens.

CombustiblePCI indicatif
Ordures ménagères8 à 11 MJ/kg
Refus de tri / CSR15 à 20 MJ/kg
Bois sec≈ 16 MJ/kg
Fioul domestique≈ 42 MJ/kg
Gaz naturel≈ 45 MJ/kg
Conduite — un déchet humide fait chuter le PCI et donc la production vapeur à débit d'alimentation constant. Le réflexe est d'agir sur la vitesse des grilles et l'air primaire, pas d'attendre que la charge remonte seule.
04

Second principe : tout ne se récupère pas

La chaleur descend spontanément du chaud vers le froid, jamais l'inverse. Et aucune machine thermique ne peut convertir toute la chaleur reçue en travail : il faut obligatoirement en rejeter une part à la source froide. C'est ce qui plafonne le rendement du groupe turbo-alternateur.

SOURCE CHAUDE 425 °C SOURCE FROIDE 30 °C MACHINE GTA TRAVAIL ÉLECTRIQUE rendement de Carnot : 58 % Q chaud = 100 Q rejeté = 42 Rendement réel ≈ 60 à 70 % du rendement de Carnot : ≈ 38 % net
chaleur reçuetravail utilechaleur rejetée au condenseur

Rendement de Carnot

ηCarnot = 1 − Tfroide / TchaudeTempératures obligatoirement en kelvin. C'est un maximum théorique, jamais atteint : frottements, pertes de charge, irréversibilités des échanges.
—Carnot %
—réel estimé %
—% rejeté
Lecture conduite — gagner 10 °C au condenseur (eau de refroidissement plus froide, vide mieux tenu) rapporte davantage en production électrique que gagner 10 °C à la surchauffe. Le dénominateur en kelvin est petit côté froid : chaque degré y pèse plus lourd.

Entropie, en une phrase

L'entropie mesure la dégradation de la qualité de l'énergie. 1 MJ à 900 °C vaut beaucoup plus qu'1 MJ à 120 °C : même quantité, valeur d'usage sans commune mesure.

ΔS ≥ 0 (système isolé)

Irréversibilités du site

Chaque écart de température dans un échangeur, chaque perte de charge dans une vanne de réglage, chaque détente de purge crée de l'entropie et détruit du potentiel de travail.

détente frottement mélange

Pourquoi surchauffer ?

Élever la température moyenne d'apport de chaleur relève directement le rendement du cycle, et évite d'atteindre les derniers étages de la turbine avec une vapeur trop humide, qui érode les aubages.

titre en fin de détente maintenu le plus haut possible

05

Changement d'état : le cœur du métier

Chauffer de l'eau de 20 à 100 °C coûte 335 kJ/kg. La vaporiser à 100 °C en coûte 2 257 de plus, sans que la température ne bouge d'un degré. Toute l'énergie de la chaudière part dans ce palier invisible.

COURBE DE CHAUFFE À PRESSION CONSTANTE — température vs énergie apportée T énergie apportée → PALIER DE VAPORISATION — chaleur latente eau liquide liquide + vapeur vapeur surchauffée Eau liquide — chaleur sensible c = 4,18 kJ/kg·K h = 84 kJ/kg θ = 20 °C
sensiblelatentesurchauffe

Table de vapeur saturée interactive

—T sat °C
—h liquide
—chaleur latente
—h vap. sat.
hvap sat = hliquide + Lv À mesure que la pression monte, la chaleur latente s'effondre et la chaleur sensible augmente : à 221 bar (point critique, 374 °C) la latente devient nulle, liquide et vapeur ne se distinguent plus.
Ballon chaudière — le niveau visible n'est pas le niveau réel de masse d'eau. À la montée en charge, les bulles de vapeur gonflent le volume liquide et font monter le niveau alors que la masse d'eau diminue : c'est le phénomène de gonflement, la cause n°1 des déclenchements niveau bas en transitoire.

À la pression atmosphérique, de la glace à la vapeur surchauffée

Le trajet complet d'un kilogramme d'eau, de −20 °C à 200 °C. Les paliers horizontaux sont les changements d'état : on y apporte beaucoup d'énergie sans que le thermomètre ne bouge.

ÉTATS DE L'EAU À 1 013 mbar — température en fonction de l'énergie apportée enthalpie kJ/kg → θ °C
glace eau liquide changement d'état vapeur surchauffée

Les quatre chiffres à retenir

ÉtapeÉnergieNature
Fondre la glace à 0 °C330 kJ/kglatente
Chauffer l'eau de 0 à 100 °C418,5 kJ/kgsensible · cp ≈ 4,185
Vaporiser l'eau à 100 °C2 260 kJ/kglatente
Surchauffer la vapeur≈ 2 kJ/kg par °Csensible · cp ≈ 2
L'ordre de grandeur qui compte — vaporiser coûte 5,4 fois plus que chauffer l'eau de 0 à 100 °C, et 6,8 fois plus que la faire fondre. C'est pourquoi la quasi-totalité de la chaleur du four part dans le palier de vaporisation, et pourquoi l'humidité des déchets pèse si lourd sur le PCI : chaque kilogramme d'eau à évaporer confisque environ 2 450 kJ à la combustion.

Attention à la pression

Ces valeurs valent à la pression atmosphérique. Dans la chaudière, à 60 bar absolus, le paysage change :

276 °Cébullition
1 571 kJ/kgchaleur latente
Plus la pression monte, plus la latente s'effondre 2 260 kJ/kg à 1 bar, 1 571 à 60 bar, nulle au point critique (221 bar, 374 °C). Le curseur de la table ci-dessus permet de le vérifier pression par pression.
05b

Quelle formule pour quelle zone ?

Trois zones, trois formules. Se tromper de zone, c'est se tromper d'un facteur cinq : la faute classique est d'appliquer m·cp·Δt à un changement d'état, où la température ne varie pas.

Zone liquide Zone liquide + vapeur Zone vapeur Énergiem · cₚ · Δt Puissanceq · cₚ · Δt la température monte Énergiem · L Puissanceq · L température figée, l'état change Énergiem · Δh Puissanceq · Δh vapeur sèche, cₚ ≈ 2 cₚ en kJ/kg·K L : chaleur latente en kJ/kg h : enthalpie en kJ/kg
m en kg · q en kg/s · Δt en K (ou °C, l'écart est le même) · P en kW

Calculateur — la bonne formule, appliquée

—puissance kW
—puissance MW
—énergie par kg
—par tonne/h
P = q · cp · ΔtEau liquide : cp = 4,185 kJ/kg·K.

Reconnaître la zone en exploitation

Économiseur, bâche, réchauffeur d'eau
Zone liquide : la température change, l'état non. On applique q·cp·Δt.
Ballon, écrans d'eau, aérocondenseur
Zone du palier : c'est le changement d'état qui absorbe ou restitue l'énergie. On applique q·L.
Surchauffeur, désurchauffeur, détente
Zone vapeur : on raisonne en écart d'enthalpie, q·Δh, parce que la pression intervient autant que la température.
Le réflexe — avant de sortir une formule, posez-vous une seule question : la température varie-t-elle ? Si oui, c'est du sensible, avec cp. Si non, c'est du latent, avec L. Et si l'on est au-delà de la saturation, on passe aux enthalpies, qui englobent les deux.
06

Le cycle eau-vapeur, tour par tour

Rankine-Hirn : comprimer l'eau liquide, la chauffer, la vaporiser, la surchauffer, la détendre en turbine, la condenser, recommencer. Chaque point du diagramme correspond à un équipement de l'installation.

DIAGRAMME T-s — cloche de saturation et cycle T °C entropie s liquide + vapeur
1 → 2 · Pompes alimentaires

Étape en cours

Lance l'animation ou clique sur une étape ci-dessous pour dérouler le cycle.

—

ηcycle = Wturbine − Wpompes  /  Qchaudière Le travail des pompes est faible devant celui de la turbine — comprimer un liquide coûte bien moins cher que comprimer un gaz. C'est toute l'astuce du cycle à vapeur.
DIAGRAMME DE MOLLIER (h-s) — enthalpie en ordonnée, entropie en abscisse h kJ/kg entropie s courbe de saturation x = 1 vapeur humide (x < 1) vapeur surchauffée P basse P haute admission surchauffée échappement détente idéale / réelle
saturationisobaresdétente turbine

Lire un diagramme de Mollier

Le diagramme enthalpie-entropie (h-s) est l'outil de terrain du machiniste vapeur : il se lit là où le diagramme T-s devient illisible, dans la zone surchauffée.

Sa force : la détente en turbine, si elle était parfaite, y est une simple verticale (entropie constante, isentropique). La détente réelle penche légèrement à droite — l'écart mesure les irréversibilités.

Wturbine = hadmission − héchappementLe travail récupéré se lit directement comme une hauteur sur l'axe des enthalpies : la chute d'enthalpie de la détente.
  • Les isobares (pression constante) montent de gauche à droite.
  • Sous la courbe de saturation, les courbes de titre x donnent l'humidité de la vapeur.
  • Rester au-dessus de x ≈ 0,88 en fin de détente pour préserver les aubages.
★

Écoulement des fluides

Avant d'échanger de la chaleur, les fluides circulent : eau alimentaire, vapeur, air, fumées. Débit, vitesse et pression sont liés — c'est la mécanique des fluides qui gouverne le dimensionnement des pompes et des ventilateurs.

CONSERVATION DU DÉBIT — conduite à section variable (Venturi) grande section vitesse faible · P élevée col vitesse forte · P basse grande section
fluidedensité de points ∝ vitesse locale

Débit et continuité

qm = ρ · S · v = constanteLe débit massique se conserve le long d'une conduite : là où la section S se rétrécit, la vitesse v augmente.
—m/s vitesse
—régime
Repère — on vise ~1 à 2 m/s pour un liquide, 15 à 25 m/s pour de la vapeur. Trop lent : conduites surdimensionnées. Trop rapide : pertes de charge et érosion qui explosent.

Théorème de Bernoulli

Pour un fluide parfait en écoulement, la somme de trois termes se conserve le long d'une ligne de courant : pression, énergie cinétique et hauteur.

P + ½·ρ·v² + ρ·g·z = constanteLà où la vitesse augmente (le col d'un Venturi), la pression chute — c'est le principe de la mesure de débit par organe déprimogène.

C'est aussi ce qui explique la dépression au refoulement d'un ventilateur mal réglé, ou le fonctionnement d'un éjecteur de mise sous vide au condenseur.

Pertes de charge

Le fluide réel frotte : chaque mètre de tuyau, chaque coude, chaque vanne coûte de la pression. C'est cette perte que la pompe ou le ventilateur doit compenser.

ΔP = λ · (L/D) · ½·ρ·v²ΔP croît avec le carré de la vitesse : doubler le débit quadruple la perte de charge, donc la puissance d'entraînement.

régulières longueur droite · singulières coudes, vannes, tés

Conduite — une vanne de réglage à moitié fermée dissipe une énergie considérable en pure perte. Sur les gros débits, on préfère la variation de vitesse (variateur de fréquence) au vannage.
★

Le générateur de vapeur

Le « générateur de vapeur » est l'ensemble qui transforme l'eau alimentaire en vapeur surchauffée. Sur une UVE, il récupère l'énergie des fumées de combustion : on parle de chaudière de récupération. Suivons l'eau, de la bâche à la turbine.

PARCOURS DE L'EAU — les composants dans l'ordre du fluide BÂCHE alim. + dégazeur POMPE ÉCONOMISEUR chauffe l'eau BALLON sépare eau / vapeur VAPORISATEUR écrans d'eau foyer SURCHAUFFEUR sèche + surchauffe GTA ← sens des fumées (chaud vers cheminée)
eau liquideeau sous pressionvapeur saturéevapeur surchaufféefumées

Économiseur

Premier échangeur côté eau : il récupère la chaleur des fumées déjà refroidies pour amener l'eau alimentaire près de sa température de saturation. Il abaisse la température de cheminée, donc les pertes.

chaleur sensible

Vaporisateur & ballon

Les écrans d'eau qui tapissent le foyer reçoivent le rayonnement et vaporisent l'eau. Le mélange remonte au ballon, qui sépare la vapeur (vers le haut) de l'eau (redescend). C'est le palier de changement d'état.

chaleur latente

Surchauffeur

La vapeur saturée sortant du ballon est encore humide. Le surchauffeur la sèche et élève sa température bien au-dessus de la saturation, pour gagner du rendement et protéger la turbine.

chaleur sensible vapeur

Circulation à contre-courant — l'eau et les fumées progressent en sens inverse. Les fumées les plus chaudes rencontrent la vapeur la plus chaude (surchauffeur, près du foyer), les fumées refroidies rencontrent l'eau froide (économiseur, vers la cheminée). C'est ce qui permet de récupérer le maximum d'énergie avant le rejet.
07

Les trois modes de transfert

Dans une chaudière de UVE, les trois modes coexistent et se relaient : rayonnement dans le foyer, convection dans les faisceaux, conduction à travers la paroi des tubes. L'encrassement attaque les trois.

RAYONNEMENT — foyer écran d'eau (tubes membranés)
φ = ε · σ · (Tflamme⁴ − Tparoi⁴) σ = 5,67·10⁻⁸ W/m²·K⁴. Puissance 4 : doubler la température absolue multiplie le flux par 16. C'est pour cela que le premier parcours capte l'essentiel de l'énergie.
CONVECTION — faisceaux H₂OH₂OH₂O fumées balayant les tubes
φ = h · S · (Tfumées − Tparoi) h dépend directement de la vitesse des fumées. Un débit de fumées trop faible, c'est un échange qui s'effondre ; trop fort, c'est de l'érosion sur les tubes.
CONDUCTION — tube + tartre acier eau ballon tartre fumées 100 %
100% du flux
—°C métal
Ce que dit ce dernier curseur — la conductivité d'un dépôt de cendres est de l'ordre de 100 fois plus faible que celle de l'acier. Un millimètre de dépôt suffit à dégrader l'échange et à faire grimper la température du métal : perte de production d'un côté, fluage et corrosion haute température de l'autre. C'est toute la justification des ramoneurs et du planning de nettoyage.
08

Combustion et pertes par les fumées

Trois conditions pour brûler : température, temps de séjour, turbulence. Et un arbitrage permanent sur l'air : trop peu, on fait des imbrûlés ; trop, on chauffe l'azote de l'atmosphère et on l'envoie à la cheminée.

Calculateur — formule de Siegert

La perte par chaleur sensible des fumées est la perte dominante d'une chaudière. Siegert la relie directement à deux mesures disponibles en salle de conduite : l'O₂ résiduel et la température des fumées.

FOYER — 3 conditions : température · temps · turbulence air primaire (sous grille) air secondaire 1050 °C combustion vive cheminée Fumées — % du PCI perdus Excès d'air —
qA = (Tfumées − Tair) × [ A₁ / (21 − O₂) + B ] qA en % du PCI · O₂ en % volume sur gaz sec · A₁ et B dépendent du combustible.
—% pertes fumées
—excès d'air λ
—rendement %

Lecture de l'excès d'air

λ = 21 / (21 − O₂)λ = 1 : air strictement stœchiométrique. λ = 1,8 : 80 % d'air en plus que le nécessaire théorique — valeur courante sur grille.
O₂ fuméesλInterprétation
4 %1,24Risque CO / imbrûlés
6 %1,40Zone optimale visée
8 %1,62Correct sur déchets hétérogènes
11 %2,10Référence réglementaire de dilution
14 %3,00Excès pénalisant le rendement
Ordre de grandeur — chaque point d'O₂ gagné vaut environ un demi-point de rendement, et chaque 20 °C perdus sur la température des fumées en vaut à peu près autant. Encore faut-il rester au-dessus du point de rosée acide des fumées, sous peine de corroder l'économiseur et les gaines.
↗ Synoptique four · four_combustion.html ↗ Diagramme de combustion UVE · sliders PCI / air ↗ Traitement des fumées · circuit_refiom.html
09

Détente isenthalpique et revaporisation des purges

Quand on détend de l'eau saturée sous pression vers une pression plus basse, l'enthalpie ne change pas — mais l'eau ne peut plus rester liquide à cette enthalpie. Une fraction se vaporise instantanément et absorbe la chaleur excédentaire. C'est exactement ce qui se passe dans les ballons d'éclatement de purges.

1 · Purge HP 60 bar · 275 °C 2 · détente 2660D650 2660D750 BALLON D'ÉCLATEMENT 3 · Vapeur BP revaporisée x % 4 · Condensat récupéré vers 2660D600 eau industrielle froide 3120P530 · entrée serpentin eau réchauffée retour · +ΔT Serpentin de refroidissement 2660E660 GTA · 2660E760 chaud. échange : — kW
purge HPvapeur BPcondensateau froideeau réchauffée

Taux de revaporisation

x = ( hf,HP − hf,BP ) / Lv,BP x = fraction massique de la purge qui se vaporise. Le reste part en condensat vers la bâche de récupération.
—% revaporisé
—kg/h vapeur
—kg/h condensat
—kW revaporisés
—°C sortie condensat
—kW serpentin
Fonctionnement nominal — ajuste les curseurs pour voir le rôle du serpentin de refroidissement.

Purge continue

Elle règle la salinité de l'eau du ballon. Le débit se calcule par la formule de conductivité :

P = V · Ca / (Cb − Ca)V = production vapeur · Ca = salinité eau d'appoint · Cb = salinité maxi admise en chaudière.

Purge intermittente

Elle évacue les boues déposées en point bas. Brève, franche, à intervalle régulier : c'est l'effet de chasse qui compte, pas la durée. Une purge trop longue coûte de l'eau traitée et de l'énergie.

réflexe : jamais deux purges de fond simultanées

Ce que coûte une purge

Chaque kilo purgé à 60 bar emporte environ 1 210 kJ, de l'eau déminéralisée et du conditionnement chimique. D'où l'intérêt de la récupération : serpentin, ballon d'éclatement, retour à la bâche alimentaire.

2660D600 2630J010A

↗ Gestion des purges · schéma directeur & ballons ↗ Conditionnement de l'eau · calcul de purge Gestra ↗ Station de traitement d'eau · bâche 2630J010A
★

Cas d'application : calcule un rendement

Un exercice guidé, chiffré, pas à pas. On part de mesures de conduite réelles ; à chaque étape tu proposes une valeur, la correction s'affiche. Le bouton « nouveau tirage » régénère des données différentes.

DÉCHETS — MW CHAUDIÈRE bilan VAPEUR — MW PERTES — MW RENDEMENT η

Étape 1 · Puissance thermique du foyer

Q̇foyer = qdéchets × PCIdébit en kg/s, PCI en kJ/kg → puissance en kW, puis /1000 pour les MW.

Calcule la puissance thermique libérée par les déchets, en MW.

Étape 2 · Puissance récupérée à la vapeur

Q̇vapeur = qvap × (hvap − heau)débit vapeur en kg/s, enthalpies en kJ/kg.

Calcule la puissance transférée à la vapeur, en MW.

Étape 3 · Rendement de la chaudière

η = Q̇vapeur / Q̇foyer × 100le rapport des deux puissances précédentes.

Déduis le rendement, en %.

✓ Synthèse

↗ Calculateurs de conduite · tableau_bord_conduite.html
10

Auto-évaluation

0 / 10

Dix questions, une seule bonne réponse à chaque fois. L'explication s'affiche après le choix.