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Formation · procédé four

Combustion & incinération des ordures ménagères

Du déchet en fosse aux mâchefers : pouvoir calorifique, chimie de l'oxydation, répartition de l'air primaire / secondaire / recirculé, post-combustion 850 °C – 2 s, formation des NOx et des dioxines, et le cadre imposé par l'arrêté d'exploitation.

01

Le déchet : un combustible qu'on ne choisit pas

Une chaudière classique reçoit un combustible normalisé. Un four d'incinération reçoit ce que le camion a déversé : un mélange changeant d'heure en heure, de saison en saison, dont on ne maîtrise ni la composition, ni l'humidité, ni la granulométrie. Toute la conduite de la combustion découle de cette contrainte.

Composition typique des ordures ménagères résiduelles

À l'échelle nationale (campagnes MODECOM de l'ADEME), la fraction résiduelle collectée se répartit en ordre de grandeur ainsi. Ces valeurs bougent fortement selon le territoire, le taux de tri sélectif et la saison.

Fraction% masse bruteHumiditéPCI sec indicatifCe qu'elle apporte au four
Putrescibles (déchets alimentaires, verts)20 – 30 %60 – 80 %4 – 6 MJ/kgDe l'eau. Pénalise le PCI, allonge la zone de séchage.
Papiers & cartons15 – 20 %10 – 25 %14 – 17 MJ/kgCombustible rapide, bonne montée de flamme.
Plastiques10 – 14 %1 – 5 %30 – 40 MJ/kgLe « boosteur » de PCI. Apporte aussi le chlore (PVC).
Textiles & textiles sanitaires8 – 12 %20 – 40 %15 – 20 MJ/kgCombustible lent, s'enroule sur les barreaux.
Verre4 – 8 %≈ 0 %0Inerte. Se retrouve intégralement en mâchefers, peut vitrifier.
Métaux3 – 5 %≈ 0 %0Inerte, récupéré après déferraillage des mâchefers.
Bois, incombustibles divers, fines10 – 20 %variable0 – 16 MJ/kgFines et gravats : cendres et abrasion.

Trois grandeurs pilotent tout

Humidité W — 25 à 40 % en France. Chaque kilo d'eau consomme ≈ 2,6 MJ pour être évaporé et porté à la température des fumées. C'est une énergie perdue et un volume de fumées supplémentaire.

Matières combustibles C — la fraction organique sèche, 30 à 50 %. C'est elle qui libère la chaleur.

Inertes I — verre, métaux, gravats, 15 à 30 %. Ils traversent le four sans rien apporter, absorbent de la chaleur et ressortent en mâchefers.

Les éléments gênants

Chlore (Cl) — PVC, sels alimentaires, papiers traités. Donne HCl dans les fumées, corrode les surchauffeurs (d'où la limite de température vapeur) et fournit l'atome de chlore nécessaire aux dioxines.

Soufre (S) — donne SO₂. Paradoxalement, un rapport S/Cl élevé inhibe la formation de dioxines.

Azote (N) — protéines, textiles, plastiques azotés : c'est la source principale des NOx en incinération.

Métaux lourds (Hg, Cd, Pb, Tl) — piles, thermomètres, pigments. Volatilisés au foyer, ils sont captés en aval par le charbon actif ou le coke de lignite.

La fosse : la première opération de combustion

Le pontier n'est pas un manutentionnaire, c'est le premier conducteur du four. Le brassage au grappin est la seule étape où l'on peut encore agir sur le combustible : mélanger un apport très humide avec un apport sec, écarter un encombrant, éviter d'envoyer une strate homogène de déchets verts qui ferait décrocher le foyer vingt minutes plus tard.

Spécificité L'Interval · UVE Ivry-Paris XIII

Installation classée sous la rubrique ICPE 2771, autorisée pour 350 000 t/an (arrêté préfectoral n° 2018/3879 du 23 novembre 2018, Val-de-Marne). Deux lignes Hitachi Zosen Inova, projet IVRY II · P-3236. Domaine garanti par le constructeur : 2 000 à 2 900 kcal/kg de PCI, soit 8,4 à 12,1 MJ/kg — le point nominal étant 22,4 t/h à 2 900 kcal/kg, soit 75,5 MW thermiques, avec une pointe admissible à 24,64 t/h. Le détail des points de garantie est sur la vue Diagramme de combustion.

02

Pouvoir calorifique et autocombustibilité

PCS et PCI

Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) est l'énergie totale libérée par la combustion complète, l'eau des fumées étant ramenée à l'état liquide. Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) retranche la chaleur latente de cette eau, qui part réellement en cheminée sous forme de vapeur. En incinération, on ne travaille qu'en PCI : c'est la seule énergie effectivement disponible pour la chaudière.

PCI = PCS − 2,45 × (w + 9 h)   [MJ/kg] — w = fraction d'eau du déchet, h = fraction d'hydrogène ; 9 h = l'eau formée par la combustion de l'hydrogène ; 2,45 MJ/kg = chaleur de vaporisation de l'eau.

Deux déchets de même PCS sec peuvent avoir des PCI très différents : c'est l'eau qui fait toute la différence. Un déchet à 45 % d'humidité a déjà « mangé » plus d'un MJ/kg avant même de brûler.

1 kcal/kg= 4,186 kJ/kg
1 MJ/kg= 239 kcal/kg = 0,278 kWh/kg
2 300 kcal/kg≈ 9,6 MJ/kg — moyenne française
2 900 kcal/kg≈ 12,1 MJ/kg — PCI haut de garantie IPXIII

Le triangle de Tanner : le déchet brûle-t-il tout seul ?

Tanner a formalisé les trois conditions à réunir simultanément pour qu'un déchet entretienne sa propre combustion sans appoint de combustible. On les lit sur un diagramme ternaire eau / combustibles / inertes.

Hors de ce domaine, les brûleurs auxiliaires doivent prendre le relais — et la réglementation l'impose dès que la température de post-combustion décroche. Déplace les curseurs : le point se déplace dans le triangle et le PCI est recalculé.

100 % combustibles 100 % eau 100 % inertes

Spécificité L'Interval

Le suivi du PCI n'est pas une mesure directe : il se reconstitue en marche à partir du bilan chaudière (débit vapeur × enthalpie) rapporté au tonnage introduit. Un PCI qui monte se lit d'abord sur la vapeur produite à tonnage constant, puis sur la température foyer. C'est le réflexe de base en salle de conduite : vapeur qui grimpe sans qu'on ait touché à l'alimentation = PCI en hausse, il faut lever le pied sur les poussoirs.

03

La chimie de la combustion et l'excès d'air

Les réactions

Incinérer, c'est oxyder complètement la matière organique. Trois réactions portent l'essentiel de l'énergie, deux autres portent l'essentiel des ennuis.

C + O₂ → CO₂   + 32,8 MJ/kg de carbone
2 H₂ + O₂ → 2 H₂O   + 120 MJ/kg d'hydrogène (PCI)
S + O₂ → SO₂   + 9,3 MJ/kg de soufre → gaz acide à neutraliser
Cl organique → HCl   corrosion + précurseur de dioxines
N du déchet + O₂ → NO, NO₂   NOx dits « du combustible »

La réaction redoutée est la combustion incomplète : C + ½O₂ → CO. Elle ne libère que 10 MJ/kg au lieu de 32,8, et le monoxyde de carbone est à la fois un polluant réglementé et l'indicateur numéro un d'une combustion mal conduite. Le CO est le thermomètre de la qualité de combustion.

Pouvoir comburivore et excès d'air

Le pouvoir comburivore Va est le volume d'air strictement nécessaire à l'oxydation complète d'un kilo de déchet. Pour les combustibles solides, la règle de Rosin donne un ordre de grandeur utile :

Va ≈ 1,01 × PCI / 1000 + 0,5   [Nm³ d'air par kg] avec PCI en kcal/kg — soit ≈ 3,4 Nm³/kg à 2 900 kcal/kg

En pratique on ne travaille jamais au strict nécessaire : un lit hétérogène ne mélange pas parfaitement le combustible et l'oxygène. On introduit un excès d'air, quantifié par le facteur d'air λ.

λ = air réellement introduit / air stœchiométrique   ≈  21 / (21 − O₂)   O₂ en % volumique sur fumées sèches
O₂ en fumées (sur sec)λExcès d'airConséquence
4 %1,24+ 24 %Insuffisant : CO et imbrûlés explosent, risque de flamme instable.
6 – 9 %1,4 – 1,75+ 40 à 75 %Domaine de conduite normal d'un four à grille.
11 %2,10+ 110 %Référence réglementaire de correction des VLE (pas une consigne de marche).
13 %2,63+ 163 %On chauffe de l'air pour rien : pertes fumées, ventilateur de tirage saturé, rendement en baisse.

Les 3 T (et le quatrième paramètre qu'on oublie)

Température

Il faut dépasser l'énergie d'activation des molécules organiques les plus stables. Le seuil réglementaire de 850 °C n'est pas arbitraire : c'est la température au-delà de laquelle les hydrocarbures aromatiques, y compris les dioxines déjà présentes dans le déchet, sont détruits.

Temps de séjour

2 secondes minimum au-dessus de 850 °C, comptées après la dernière injection d'air de combustion. Le volume de la chambre de post-combustion est dimensionné pour ça et vérifié aux essais de mise en service.

Turbulence

Sans brassage, un gaz combustible peut traverser une zone à 1 000 °C sans jamais rencontrer d'oxygène. C'est exactement le rôle de l'air secondaire : créer les tourbillons qui mettent le CO en contact avec l'O₂.

… et l'oxygène

Les 3 T ne servent à rien sans comburant disponible au bon endroit. D'où la notion clé de ce cours : ce n'est pas la quantité totale d'air qui compte, c'est sa répartition.

04

Le four à grille : quatre zones sur un même lit

Sur un four à grille, le déchet ne brûle pas d'un coup : il traverse quatre étapes successives, physiquement séparées le long de la grille. Conduire un four, c'est maintenir chacune de ces zones à sa place — ni trop tôt, ni trop tard.

200 °C 1 000 – 1 100 °C dans le lit ≈ 700 °C caisson 1 caisson 2 caisson 3 caisson 4 AIR PRIMAIRE — 4 caissons réglés indépendamment, sous la grille 1 · SÉCHAGE évaporation de l'eau 2 · DÉGAZAGE pyrolyse, gaz combustibles 3 · COMBUSTION oxydation du carbone fixe 4 · FINITION burn-out, refroidissement

1 · Séchage

Le déchet arrive à température ambiante et gorgé d'eau. L'air primaire préchauffé et le rayonnement de la voûte évaporent cette eau. Aucune énergie n'est produite ici, elle est consommée. Plus le déchet est humide, plus cette zone s'étale vers l'aval — et plus le front de flamme recule.

2 · Dégazage / pyrolyse

Vers 250 – 500 °C, la matière organique se décompose sans oxydation complète et libère des gaz combustibles (CO, H₂, hydrocarbures, goudrons). L'essentiel de l'énergie part sous forme gazeuse au-dessus du lit, pas dans le lit : c'est pour ça que l'air secondaire est déterminant.

3 · Combustion

Le résidu carboné (coke) s'oxyde à même la grille, en flamme rampante. C'est la zone la plus chaude et la plus exigeante en air primaire. Le « front de flamme » est le point où elle commence : sa position est l'indicateur visuel n° 1 de la conduite.

4 · Finition (burn-out)

Achèvement de l'oxydation des imbrûlés résiduels, puis refroidissement des mâchefers par l'air primaire du dernier caisson. Objectif réglementaire : COT < 3 % ou perte au feu < 5 % sur sec. Si le front est trop reculé, cette zone est écrasée et les mâchefers sortent noirs.

Spécificité L'Interval · la grille et ses servitudes

  • Goulotte 39 m³ — la colonne de déchets fait garde hydraulique et isole le foyer de l'air parasite. Elle ne doit jamais se vider : un « trou de goulotte » ouvre le foyer sur le hall.
  • Alimenteur hydraulique en pied de goulotte, course et cadence réglées selon la charge et le PCI.
  • Centrale hydraulique grille — 3 pompes 140 bar, communes aux vérins des gradins, à l'alimenteur et au poussoir d'extracteur.
  • 2 extracteurs mâchefers par ligne, 25 t/h, poussoir course 580 mm, extraction par voie humide (le bain d'eau trempe les mâchefers et fait garde).
  • 2 brûleurs de démarrage par ligne, 22,5 MW — montée en température et maintien du seuil réglementaire en cas de déficit de PCI.
  • Sortie 1er passage 935 °C, puis 771 °C et 690 °C aux 2e et 3e passages. Ballon supérieur 68 bar abs, 36 m³.
05

L'air primaire : il conduit le lit

L'air primaire est soufflé sous la grille et traverse le lit de bas en haut. C'est le seul air qui rencontre le déchet solide. Il fait trois métiers en même temps.

Comburant du lit

Il apporte l'oxygène nécessaire au séchage, à la pyrolyse et à l'oxydation du carbone fixe. Sans lui, pas de combustion sur la grille — seulement une pyrolyse qui reporte tout le travail sur la post-combustion.

Refroidisseur de barreaux

Les barreaux de grille sont refroidis par l'air qui les traverse. Couper l'air primaire sur un caisson, c'est cuire la fonte : un caisson n'est jamais fermé complètement en marche, on garde toujours un débit de garde.

Régulateur du profil de combustion

En jouant sur la répartition entre caissons, on déplace le front de flamme vers l'avant ou vers l'arrière de la grille. C'est le réglage fin de la conduite, celui qui décide de la teneur en imbrûlés des mâchefers.

Pourquoi il est préchauffé

Souffler de l'air à 10 °C sous un lit de déchets à 40 % d'humidité, c'est refroidir la zone de séchage au moment précis où il faut l'échauffer. On préchauffe donc l'air primaire à la vapeur basse pression. Effets : séchage accéléré, front de flamme stabilisé, moins de recours aux brûleurs par PCI faible, meilleur rendement global (l'énergie de préchauffage revient dans le foyer).

Les réglages et leurs conséquences

ActionEffet immédiatEffet secondaire à surveiller
Augmenter l'air primaireFront de flamme avance, combustion plus vive, mâchefers mieux brûlésEnvol de poussières vers la chaudière, refroidissement du lit si excès, montée des NOx du combustible, O₂ en hausse
Réduire l'air primaireLit plus « couvant », moins d'entraînement de particulesImbrûlés dans les mâchefers (COT > 3 %), report de charge sur la post-combustion, CO en hausse, échauffement des barreaux
Concentrer l'air à l'avant (caissons 1-2)Ignition précoce, front avancéZone de finition trop courte, mâchefers imbrûlés en bout de grille
Concentrer l'air à l'arrière (caissons 3-4)Meilleur burn-out, mâchefers propresFront reculé, risque d'extinction en tête de grille si PCI faible, séchage insuffisant

Spécificité L'Interval · air primaire

70 251 Nm³/hdébit ventilateur air primaire
1 500 tr/minvitesse du ventilateur
4 caissons1 par zone, réglés indépendamment
120 °Csortie préchauffeur air primaire
950 m²surface d'échange du préchauffeur
vapeur BP 150 °Cfluide de préchauffage

L'air primaire est aspiré dans la fosse à déchets. Il maintient le bâtiment en dépression, confine les odeurs, et détruit dans le foyer les composés odorants qu'il transporte. C'est un traitement d'air gratuit — et c'est la raison pour laquelle une baisse de débit d'air primaire se traduit d'abord par une plainte olfactive avant de se voir sur l'O₂.

06

L'air secondaire et la post-combustion

Au-dessus du lit montent des gaz encore combustibles : CO, hydrogène, hydrocarbures issus de la pyrolyse. L'air secondaire, injecté à grande vitesse par des buses de paroi, a une seule mission : terminer le travail avant la chaudière.

Turbulence avant tout

Contrairement à l'air primaire, l'air secondaire n'est pas là pour apporter beaucoup d'oxygène — l'excès d'air global le fournit déjà. Il est là pour mélanger. Les buses sont dimensionnées pour une vitesse de sortie élevée (plusieurs dizaines de m/s), en jets opposés, de façon à créer une zone de brassage intense qui casse les veines de gaz non oxydées.

Un four peut afficher 9 % d'O₂ en cheminée et 300 mg/Nm³ de CO en même temps : il ne manque pas d'oxygène, il manque de mélange. C'est la signature d'un défaut d'air secondaire — buses encrassées, débit trop faible, ou répartition déséquilibrée entre les deux parois.

Le point de comptage réglementaire

Les 2 secondes à 850 °C se comptent après la dernière injection d'air de combustion, pas à la sortie du lit. La position des buses d'air secondaire définit donc physiquement le début de la chambre de post-combustion, et le volume disponible en aval détermine si le temps de séjour est tenu. C'est vérifié lors des essais de mise en service, et la température est mesurée en continu en un point représentatif fixé par l'arrêté préfectoral.

CHAMBRE DE POST-COMBUSTION ≥ 850 °C pendant ≥ 2 s après la dernière injection d'air température mesurée en continu · alimentation déchets verrouillée sous le seuil lit de combustion gaz de pyrolyse · CO · H₂ · HC AIR SECONDAIRE AIR SECONDAIRE turbulence → CO + ½O₂ → CO₂ → chaudière

Spécificité L'Interval · air secondaire

23 404 Nm³/hdébit ventilateur air secondaire
115 °Csortie préchauffeur air secondaire
250 m²surface d'échange du préchauffeur
14 + 13 busesair secondaire, paroi goulotte / paroi avant
17 + 9 busesair dépoussiéré, paroi goulotte / paroi avant
≈ 75 / 25répartition air primaire / secondaire aux débits ventilateurs

Deux réseaux distincts débouchent dans le foyer : les buses d'air secondaire proprement dit, et les buses d'air dépoussiéré issu du circuit de désodorisation/dépoussiérage. Les deux participent au brassage, mais seul le premier est régulé en fonction du CO et de la température de post-combustion.

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La recirculation des fumées

Une partie des fumées déjà épurées et refroidies est reprise en aval et réinjectée dans le foyer, au-dessus du lit, en substitution d'une partie de l'air secondaire. C'est aujourd'hui la technique primaire la plus efficace pour agir simultanément sur les NOx, le rendement et le volume de fumées.

Ce que ça apporte

Moins de NOx thermiques — le gaz recyclé est un diluant inerte : il abaisse la température de pointe de flamme sans dégrader le mélange.

Moins d'O₂ local — la formation de NOx du combustible dépend de la disponibilité d'oxygène dans la zone de dévolatilisation.

Moins d'air frais — on garde la même quantité de mouvement dans le foyer avec un λ plus faible : le volume de fumées à la cheminée baisse, donc les pertes fumées baissent et le rendement chaudière monte.

Meilleure homogénéité thermique — moins de points chauds, donc moins de corrosion et moins d'encrassement localisé.

Ce que ça coûte

Un ventilateur supplémentaire, des gaines chaudes et un circuit exposé à la condensation acide s'il est mal isolé.

Une limite haute : au-delà d'environ 25 – 30 % de recirculation, l'oxygène disponible dans la zone de post-combustion devient insuffisant et le CO repart à la hausse. Le taux se règle donc entre l'objectif NOx et la contrainte CO.

Le point de prélèvement compte : trop en amont, on recycle des poussières et on encrasse ; trop en aval, on recycle des fumées trop froides et on pénalise la température de post-combustion.

Spécificité L'Interval · recirculation

29 894 Nm³/hdébit ventilateur recirculation
195 °Ctempérature des fumées recyclées
1 500 tr/minvitesse du ventilateur
sortie FAM1point de prélèvement (fumées dépoussiérées)

Le prélèvement en aval du premier filtre à manches est un choix de fiabilité : on réinjecte des fumées dépoussiérées, ce qui protège les buses de l'abrasion et évite de renvoyer des cendres volantes dans la zone où elles pourraient servir de support à la synthèse de novo des dioxines.

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Simulateur : la répartition d'air

Tout le cours tient dans ce panneau. La quantité totale d'air fixe l'excès d'air ; sa répartition entre le lit, la post-combustion et la recirculation fixe la température, le CO, les NOx, les imbrûlés et le risque dioxines. Ces cinq grandeurs ne peuvent pas être optimisées en même temps : conduire un four, c'est arbitrer.

Traitement NOx :
air primaire air secondaire fumées recirculées profil de température du lit fumées vers chaudière
POST-COMBUSTION · 926 °C ≥ 850 °C pendant ≥ 2 s après la dernière injection d'air de combustion conforme → chaudière · 3 passages 600 °C 1 400 °C CO — imbrûlés gazeux REC 195 °C REC AIR SEC. AIR SEC. 25 % de l'air · turbulence brûleur auxiliaire 22,5 MW — EN SERVICE trémie · goulotte 39 m³ alimenteur C1 C2 C3 C4 V. air primaire 75 % de l'air · 4 caissons extracteur mâchefers 25 t/h COT 0,8 % → fosse mâchefers

Les arbitrages à retenir

Si je…λ / O₂T post-comb.CONOxMâchefersRendement
augmente l'air total↗↘↘ puis ↗↗↘ imbrûlés↘
déplace l'air vers le primaire=↗↗↗↘ imbrûlés=
déplace l'air vers le secondaire=↘ un peu↘↘↗ imbrûlés=
augmente la recirculation↘ air frais↘↗ si excès↘↘=↗
recule l'air primaire vers C3-C4====↘↘ imbrûlés=

La zone de marche recherchée : O₂ 6 – 9 % sur sec, CO < 30 mg/Nm³ en moyenne journalière, post-combustion > 900 °C avec marge sur le seuil réglementaire, NOx en cheminée sous la VLE avec la plus faible consommation de réactif possible, et COT mâchefers < 3 %. Le simulateur ci-dessus permet de vérifier qu'aucun réglage ne satisfait ces cinq critères par hasard.

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Les oxydes d'azote

On regroupe sous « NOx » le monoxyde NO (≈ 95 % des émissions à la sortie du foyer) et le dioxyde NO₂. Ils sont exprimés en équivalent NO₂ dans les valeurs limites. Trois mécanismes les produisent, et un seul domine en incinération.

NOx du combustible — le mécanisme dominant

L'azote organique contenu dans le déchet (protéines, textiles, plastiques azotés) est libéré pendant la pyrolyse sous forme de HCN et NH₃, puis oxydé en NO s'il rencontre de l'oxygène. 70 à 80 % des NOx d'une UVE viennent de là. Il dépend surtout de la disponibilité en O₂ dans la zone de dévolatilisation — donc de la répartition d'air, pas de la température.

NOx thermiques — mécanisme de Zeldovich

À très haute température, l'azote de l'air se dissocie et s'oxyde : N₂ + O → NO + N. La production suit une loi exponentielle et ne devient significative qu'au-delà de 1 300 °C. Sur un four à grille conduit entre 950 et 1 100 °C, c'est une contribution minoritaire — mais qui explose dès qu'un point chaud se forme.

NOx précoces — mécanisme de Fenimore

Formation rapide en front de flamme riche, par attaque de N₂ par des radicaux hydrocarbonés CH. Contribution faible en incinération, mais elle explique qu'on ne descende jamais à zéro par les seules mesures primaires.

Et le N₂O

Le protoxyde d'azote n'est pas un NOx au sens réglementaire mais c'est un puissant gaz à effet de serre. Il se forme surtout en SNCR à basse température et en lit fluidisé — d'où sa surveillance imposée par les conclusions MTD dans ces deux cas.

Agir : d'abord la combustion, ensuite le réactif

La hiérarchie est toujours la même. Les mesures primaires coûtent un réglage ; les mesures secondaires coûtent un réactif, un équipement et une consommation. On épuise les premières avant d'ouvrir les secondes.

SNCR ou SCR

Les deux procédés reposent sur la même chimie : réduire NO par l'ammoniac. 4 NO + 4 NH₃ + O₂ → 4 N₂ + 6 H₂O. Ce qui change, c'est la présence ou non d'un catalyseur — donc la température de travail et le rendement.

700 925 °C 1 150 température des fumées au point d'injection 100 % 0 — rendement de réduction des NOx - - fuite d'ammoniac (slip NH₃) ··· formation de N₂O
SNCRSCR
PrincipeInjection d'urée ou d'ammoniaque directement dans le foyerRéaction sur un catalyseur (TiO₂ / V₂O₅ / WO₃) en aval du dépoussiérage
Température de travail850 – 1 000 °C180 – 250 °C (basse T) ou 250 – 350 °C
Rendement de réduction40 – 60 %80 – 95 %
Slip NH₃Élevé si la fenêtre est manquéeFaible et maîtrisé
Sous-produitN₂O, sels d'ammonium dans les résidus, NH₃ dans les eaux de lavageMarginal
ContraintesFenêtre thermique étroite et mouvante avec la chargeInvestissement, perte de charge, réchauffage des fumées, empoisonnement du catalyseur
Bénéfice annexe—Détruit aussi une partie des dioxines et furanes

Spécificité L'Interval

La ligne est équipée d'un DeNOx catalytique (SCR) implanté en aval des filtres à manches FAM1/FAM2, avant l'économiseur externe et le ventilateur de tirage. Ce positionnement en fumées dépoussiérées et déchlorées protège le catalyseur de l'empoisonnement et lui permet d'assurer, en plus de la réduction des NOx, une destruction complémentaire des PCDD/PCDF. Le détail du circuit est sur la vue Circuit REFIOM & traitement des fumées.

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Dioxines et furanes

Les PCDD (polychlorodibenzo-p-dioxines) et PCDF (polychlorodibenzofuranes) forment une famille de 210 congénères, dont 17 sont considérés comme toxiques : ceux qui portent des atomes de chlore en positions 2, 3, 7 et 8. On les additionne en équivalent toxique (I-TEQ), en pondérant chaque congénère par un facteur d'équivalence rapporté au plus toxique, la 2,3,7,8-TCDD.

Trois voies de formation

1 · Apport par le déchet

Des traces sont déjà présentes dans les ordures. Cette voie est réglée par la combustion elle-même : au-delà de 850 °C avec 2 s de séjour et de la turbulence, les molécules sont détruites. C'est exactement l'objet du seuil réglementaire.

2 · Voie des précurseurs

Recombinaison de molécules structurellement proches — chlorophénols, chlorobenzènes, PCB — sur les surfaces des cendres volantes, entre 200 et 400 °C. Elle est alimentée par une combustion incomplète en amont : du CO en excès annonce des précurseurs.

3 · Synthèse de novo

La voie majoritaire. Du carbone résiduel des cendres volantes, du chlore (HCl), de l'oxygène et un catalyseur métallique — le cuivre au premier chef — reconstruisent des dioxines à partir de rien, dans une fenêtre de 200 à 450 °C, avec un maximum vers 300 – 350 °C. Elle se produit donc après le foyer, dans la chaudière et le dépoussiérage.

L'effet mémoire

Les dioxines s'adsorbent sur les parois, les garnissages et le gâteau de filtration, puis se relarguent lentement — typiquement lors des phases d'arrêt et de démarrage. C'est la raison pour laquelle les conclusions MTD imposent d'estimer les émissions en conditions d'exploitation autres que normales.

La fenêtre de danger et la trempe

Toute la stratégie de prévention tient en une phrase : traverser la plage 450 → 200 °C le plus vite possible, et n'y laisser ni carbone imbrûlé, ni poussière accumulée. Fais varier la vitesse de refroidissement des fumées après la chaudière.

fenêtre 200 – 450 °C 100 500 °C 900 température des fumées — vitesse de formation des PCDD/PCDF - - trajectoire de refroidissement des fumées

Les parades, dans l'ordre

NiveauMesureCe qu'elle traite
PrimaireCombustion maîtrisée : 850 °C · 2 s · turbulence · CO basDestruction des dioxines entrantes et absence de précurseurs
PrimaireContrôle de l'alimentation et homogénéité du litÉvite les à-coups de CO qui alimentent la voie des précurseurs
PrimaireRamonage efficace de la chaudière, en marche et à l'arrêtSupprime les dépôts de cendres, support de la synthèse de novo
PrimaireRefroidissement rapide des fumées de > 400 °C à < 250 °C avant dépoussiérageRéduit le temps de séjour dans la fenêtre de reformation
SecondaireInjection de charbon actif ou de coke de lignite + filtre à manchesAdsorption des PCDD/PCDF et du mercure sur le gâteau de filtration
SecondaireAdsorption sur lit fixe ou mobileFinition, très hauts rendements
SecondaireManches catalytiques / SCRDestruction catalytique, pas de transfert vers un résidu solide

Le piège classique. Les mesures secondaires transfèrent le problème plus qu'elles ne le suppriment : ce qui est adsorbé sur le charbon actif se retrouve dans les REFIOM, résidus classés dangereux. Seules les mesures primaires et la destruction catalytique éliminent réellement la molécule. C'est pourquoi les conclusions MTD placent l'optimisation de la combustion en tête de liste, avant tout traitement.

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Le cadre réglementaire de l'exploitation

Une UVE n'est pas conduite « au mieux » : elle est conduite dans une enveloppe imposée. Les paramètres de combustion vus dans les chapitres précédents sont, pour l'essentiel, des obligations réglementaires assorties de verrouillages automatiques.

Les textes qui s'empilent

TextePortéeCe qu'il apporte à la conduite
Directive IED 2010/75/UEEuropéenneCadre général des émissions industrielles ; chapitre IV consacré à l'incinération des déchets.
Arrêté du 20 septembre 2002Nationale — déchets non dangereux et DASRILe texte de référence de l'exploitant. Conditions de combustion, brûleurs, verrouillages, valeurs limites, surveillance, mâchefers.
Décision d'exécution (UE) 2019/2010 du 12 nov. 2019Conclusions MTD du BREF IncinérationNiveaux d'émission associés aux meilleures techniques (NEA-MTD), plus sévères que l'arrêté de 2002. Applicables aux installations existantes depuis le 3 décembre 2023.
Arrêté du 12 janvier 2021Transposition française des conclusions MTDNouvelles VLE, gestion des OTNOC, surveillance élargie (Hg en continu, PCB de type dioxine, PBDD/F, benzo[a]pyrène).
Arrêté préfectoral d'exploitationSiteDécline tout ce qui précède au cas particulier : capacité autorisée, déchets admissibles, points de mesure, VLE retenues dans les fourchettes MTD, prescriptions de surveillance.

Spécificité L'Interval

Le site est autorisé par l'arrêté préfectoral n° 2018/3879 du 23 novembre 2018 (Préfet du Val-de-Marne), pour 350 000 t/an sous la rubrique ICPE 2771 (incinération de déchets non dangereux) et la rubrique 3520 au titre de l'IED. Capacité supérieure à 100 kt/an : l'installation relève des VLE les plus contraignantes de l'arrêté du 12 janvier 2021 pour les NOx. Le texte complet est consultable sur la vue Arrêté d'exploitation, et le suivi des dépassements sur Réglementaire.

Les conditions de combustion imposées

850 °C pendant 2 secondes

Les gaz issus de la combustion sont portés, après la dernière injection d'air de combustion, de façon contrôlée et homogène, à 850 °C pendant deux secondes, même dans les conditions les plus défavorables prévisibles. Mesure de température en continu, en un point représentatif fixé par l'arrêté préfectoral. Le temps de séjour est vérifié lors des essais de mise en service.

1 100 °C dans un cas

Pour des déchets dangereux dont la teneur en substances organiques halogénées, exprimée en chlore, dépasse 1 %, le seuil passe à 1 100 °C pendant au moins deux secondes. Sans objet sur une ligne OM classique, mais c'est la question à se poser avant toute admission d'un flux particulier.

Brûleurs auxiliaires automatiques

L'installation dispose de brûleurs qui se mettent en service automatiquement dès que la température descend sous le seuil. Ils ne doivent pas être alimentés par des combustibles susceptibles d'émettre plus que le fioul domestique, le GPL ou le gaz naturel.

Verrouillage de l'alimentation

Un système automatique interdit l'introduction de déchets : au démarrage tant que le seuil de température n'est pas atteint ; chaque fois que ce seuil n'est plus maintenu ; et chaque fois que les mesures en continu montrent le dépassement d'une valeur limite dû à un dérèglement ou une défaillance de l'épuration.

Le critère de qualité de combustion sur le solide. L'installation est exploitée de façon à ce que la teneur en carbone organique total des mâchefers et cendres soit inférieure à 3 % du poids sec, ou que leur perte au feu soit inférieure à 5 %. Les conclusions MTD reprennent la même exigence sous forme de niveaux de performance : COT 1 – 3 % ou perte au feu 1 – 5 % sur sec. C'est le seul indicateur réglementé qui juge la répartition d'air primaire — et il se mesure au laboratoire, pas en salle de conduite.

Les valeurs limites d'émission dans l'air

Toutes les valeurs sont exprimées en mg/Nm³ (sauf mention), gaz sec, 273,15 K, 101,3 kPa, ramené à 11 % d'O₂. Les fourchettes MTD sont des niveaux associés aux meilleures techniques : c'est l'arrêté préfectoral qui fixe la valeur retenue à l'intérieur de la fourchette.

ParamètreMoyenneArrêté 20/09/2002NEA-MTD unité nouvelleNEA-MTD unité existante
Poussières totalesjournalière10< 2 – 5< 2 – 5
HCljournalière10< 2 – 6< 2 – 8
HFjournalière1< 1< 1
SO₂journalière505 – 305 – 40
NOx (en NO₂)journalière20050 – 12050 – 150
COjournalière5010 – 5010 – 50
COVT (carbone organique total)journalière10< 3 – 10< 3 – 10
NH₃ (si SNCR ou SCR)journalière—2 – 102 – 10
Mercure (Hg)période d'échantillonnage0,05< 5 – 20 µg/Nm³< 5 – 20 µg/Nm³
Cd + Tlpériode d'échantillonnage0,050,005 – 0,020,005 – 0,02
Sb+As+Pb+Cr+Co+Cu+Mn+Ni+Vpériode d'échantillonnage0,50,01 – 0,30,01 – 0,3
PCDD/PCDF (ng I-TEQ/Nm³)échantillonnage court terme0,1< 0,01 – 0,04< 0,01 – 0,06
PCDD/PCDF (ng I-TEQ/Nm³)échantillonnage long terme—< 0,01 – 0,06< 0,01 – 0,08

Pour le CO, l'arrêté de 2002 ajoute une contrainte court terme : 150 mg/Nm³ sur au moins 95 % des moyennes sur 10 minutes, ou 100 mg/Nm³ sur toutes les moyennes semi-horaires d'une période de 24 h. Pour les NOx, l'arrêté du 12 janvier 2021 retient 80 mg/Nm³ pour les unités nouvelles (le préfet pouvant aller jusqu'à 120), et 150 mg/Nm³ pour les unités existantes — ramenés à une valeur comprise entre 80 et 150 mg/Nm³ pour les unités de plus de 100 kt/an.

Ramener une mesure à 11 % d'O₂

Une concentration brute ne veut rien dire tant qu'elle n'est pas corrigée : il suffirait de diluer avec de l'air pour « respecter » n'importe quelle limite. D'où la correction systématique à l'oxygène de référence.

ER = EM × (21 − OR) / (21 − OM)   EM = concentration mesurée · OM = O₂ mesuré (% vol. sur sec) · OR = 11 % pour l'incinération
mg/Nm³
%

OTNOC — les conditions d'exploitation autres que normales. Démarrages, arrêts, incidents, by-pass : ce sont les périodes où les émissions dérapent le plus, et les conclusions MTD imposent désormais un plan de gestion des OTNOC fondé sur les risques : identification des équipements critiques, maintenance préventive, surveillance et enregistrement des émissions pendant ces phases, évaluation périodique et mesures correctives. Les émissions au démarrage et à l'arrêt sans déchets — dioxines comprises — sont estimées par des campagnes de mesure, par exemple tous les trois ans.

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Ce qui sort du four

Une tonne de déchets entrée ressort intégralement — sous quatre formes. La combustion ne détruit pas la matière, elle la transforme et la concentre.

FluxOrdre de grandeurNatureDevenir
Mâchefers≈ 220 kg/tFraction minérale : verre, céramique, scories, imbrûlésDéferraillage, criblage, maturation ; valorisation en technique routière si le COT et la lixiviation sont conformes.
Ferrailles et non-ferreux≈ 25 kg/tAcier, aluminium, cuivre récupérés sur les mâchefersFilière métallurgique. Overband magnétique + séparateur à courants de Foucault.
REFIOM≈ 35 kg/tCendres volantes + résidus de neutralisation + charbon actif chargé (dioxines, métaux lourds)Déchet dangereux : stabilisation puis ISDD, ou traitement spécialisé. C'est là que se concentre la toxicité extraite des fumées.
Fumées épurées≈ 5 500 Nm³/tN₂, CO₂, H₂O, O₂ + traces sous VLECheminée, après mesure en continu et enregistrement.
Énergie≈ 2,7 MWh/tVapeur surchaufféeÉlectricité (turbo-alternateur) et chaleur (réseau urbain). Voir l'onglet Bilan matière & énergie.

Un point de vocabulaire utile en réunion : REFIOM = Résidus d'Épuration des Fumées d'Incinération d'Ordures Ménagères. Ce ne sont pas des cendres « ordinaires » : leur classement en déchet dangereux découle directement de leur teneur en métaux lourds et en dioxines. Tout ce que le traitement des fumées capte, il faut ensuite l'évacuer — d'où l'intérêt, encore une fois, de ne pas le former.

Spécificité L'Interval

Chaîne de traitement de la ligne 2 : chaudière → filtres à manches FAM1 puis FAM2 avec injection de réactifs secs et de charbon actif → DeNOx / SCR → économiseur externe → ventilateur de tirage 2132V750 → cheminée 2130Z180. Les REFIOM sont collectés sous les deux filtres (cuves tampons 2162D750 et 2162D830), transportés pneumatiquement vers les silos 2162J950 et 2162J990, puis évacués par camion-citerne. La vue animée complète est sur Circuit REFIOM.

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Lire une dérive en salle de conduite

Les mêmes symptômes reviennent en boucle. Ce tableau est une aide au diagnostic : il se lit de gauche à droite, jamais l'inverse — on identifie d'abord ce que fait l'ensemble des indicateurs avant de toucher à un réglage.

Ce que je voisCause la plus probableVérifier aussiAction
Vapeur ↗ à tonnage constantPCI en hausse (apport sec)Température foyer, O₂ en baisseRéduire la cadence des poussoirs, ajuster l'air.
Vapeur ↘ + T foyer ↘ + O₂ ↗PCI en baisse (apport humide)Front de flamme reculé, fumée blancheAugmenter la cadence, décaler l'air primaire vers l'avant, brûleurs si le seuil décroche.
CO ↗ avec O₂ correctDéfaut de mélange, pas de manque d'airDébit d'air secondaire, buses encrassées, équilibre entre paroisAugmenter l'air secondaire ou réduire la recirculation. Ne pas monter l'air primaire.
CO ↗ avec O₂ ↘Manque d'air globalPosition des registres, tirage, ventilateurAugmenter l'air total, vérifier la dépression foyer.
CO en pics brefs et répétésAlimentation irrégulière, « trou » dans le litCadence alimenteur, niveau goulotte, homogénéité fosseRégulariser l'alimentation, brasser différemment en fosse.
NOx ↗ progressifExcès d'air en dérive, ou recirculation en baisseO₂, débit REC, température de pointeBaisser λ, remonter la recirculation, puis seulement ajuster le réactif DeNOx.
NOx ↗ brutal + T ↗Point chaud / NOx thermiquesRépartition d'air primaire, lit percéRedistribuer l'air primaire, augmenter la recirculation.
Mâchefers noirs, COT > 3 %Burn-out insuffisantAir aux caissons 3 et 4, vitesse d'avancement, épaisseur de litReculer le profil d'air primaire, ralentir la grille.
Poussières ↗ en chaudièreAir primaire excessif : envol de particulesΔP filtres, encrassement des faisceauxRéduire l'air primaire, rééquilibrer vers le secondaire.
T post-combustion < 850 °CPCI trop faible ou excès d'air massifVerrouillage alimentation, brûleurs en serviceSituation réglementée : les brûleurs démarrent seuls et l'alimentation est bloquée. Traiter la cause, pas le symptôme.
Slip NH₃ ↗ (SNCR)Injection hors fenêtre thermiqueTempérature au point d'injection, chargeChanger d'étage d'injection, réduire le dosage.

La règle qui résume le cours. Devant une dérive de CO, la question n'est jamais « ai-je assez d'air ? » mais « l'air est-il au bon endroit ? ». Regarder l'O₂ avant de toucher à un registre évite neuf erreurs sur dix.

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QCM — combustion & incinération

18 questions tirées de ce cours. Ces mêmes questions alimentent le quiz global du portail, thème Combustion & incinération.

Prêt ? Le corrigé s'affiche après chaque réponse.